Qu'attendre de Belle and Sebastian en 2010 ? Certainement pas de renouvellement radical ou de prise de risque musicale extrème... Mais ça, tout le monde le savait ! Une fois établi ce constat, comment aborder ce nouvel album ?
Depuis le premier album, "Tigermilk", j'ai la ferme conviction que le groupe a évolué, progressé, certes à son rythme, à tatons, à pas de fourmis, mais cela sans jamais tomber dans le formatage ni décevoir les fidèles. Leur dernière livraison, "The Life Pursuit" montrait enfin un visage totalement décomplexé, déjà amorcé sur l'album précédent "Dear Catastroph Waitress". Une pop plus enlevée, une section rytmique plus présente et une voix plus assurée. Selon moi, il s'agissait d'un véritable épanouissement, du résultat abouti d'une longue gestation, rigoureuse et assumée. Je n'y ai jamais perçu la perte de personnalité dénoncée par certains, et j'invite ceux qui ne connaitraient pas ces deux albums à se les procurer pour se faire un avis...
Mais revenons à l'objet de notre intérêt : "Write about Love". En insérant fébrilement ce nouvel opus dans la platine, j'avais imaginé, à juste titre, qu'il marquerait l'inévitable coup d'arrêt à l'évolution évoquée plus haut. Et quelques écoutes attentives auront suffit à confirmer cette impression, tant les références aux albums qui ont jalonné la carrière du groupe sont légion ! Mais qui pourrait penser qu'il s'agit d'un problème ? "Read the Blessed Pages" rappelle "Tigermilk" (la jolie flûte de Mary-Jo aurait été plus appropriée que ces drôles de vents synthétiques), "I Can See Your Future" n'aurait pas fait pâle figure sur "Storytelling", "I'm not Living in the Real World" a des airs du single "Legal man", et "The Ghost of Rockschool" semble tout droit sorti d'une session d'enregistrement de "The Boy with the Arab Strap"...etc.. En parcourant l'album, les ponctuations en pop songs ne sont pas en reste : les excellentes "I Didn't See it Coming", "I Want the World to Stop" ou "Write about Love" n'ont pas fini de nous coller au tympans. Et c'est avec le dernier titre de l'album, le surprenant "Sunday's Pretty Icons", que Belle and Sebastian nous cueillent définitivement : probablement le morceau le plus innovant (...toutes proportions gardées !!!), laissant présager, en dépit de son extrême simplicité, de nouveaux possibles pour l'avenir du groupe.
En conclusion, un constat s'impose : Belle and Sebastian fait du Belle and Sebastian depuis 15 ans. Et c'est probablement l'une des raisons pour lesquelles ce groupe reste aussi attachant. Car finalement, tout en puisant dans ses propres ressources, Belle and Sebastian, en 2010, ça demeure...la SUPER CLASSE !