Cette intégrale des "X-Men" 1981 contient des épisodes célèbres. Il s'agit d'une période (depuis 1979) considérée aujourd'hui encore comme l'apogée de la série mutante. Notamment à cause de l'épisode double qui sert d'ouverture au présent recueil et qui se nomme "Où sont passés les futurs d'antan". C'est dans cet épisode que les auteurs inaugurent le principe des "futurs alternatifs", qui deviendra par la suite un des moteurs de la série et permettra de lancer d'ambitieux "crossovers"...
C'est une période-clé pour embrasser la série mainstream (on y voit également le retour de "Magneto", du "Club des damnés", et le parcours initiatique de "Cyclope" après la mort de Phénix, son grand amour), car il s'agit des "années Claremont", celles qui approfondissent littéralement la mythologie d'une saga qui dure encore aujourd'hui et auxquelles il sera fait référence sans cesse par la suite. Ce sont donc des épisodes incontournables, à la fois pour posséder une culture personnelle de ce genre de comics et à la fois pour mieux apprécier (et comprendre) les aventures plus récentes où sont mis en scènes les personnages en question.
Pour ma part, je ne peux pas aller plus haut que trois étoiles en terme d'évaluation, car tout cela a (pour moi) assez mal vieilli, aussi bien d'un point de vue visuel que dans l'écriture. Ce n'est pas de la faute des dessinateurs, déjà excellents à l'époque. Mais par exemple, la mise en couleur est vraiment très laide, à la fois criarde, baveuse et approximative. La preuve que les progrès en matière d'impressions sont aujourd'hui considérables ! Les dialogues sont absolument catastrophiques, infantiles et parfois même carrément vulgaires. Les scénarios sont assez brillants et inventifs dans le fond, mais dans la forme souffrent d'une mise en scène souvent ridicule avec d'incessants combats inoffensifs, des commentaires extrêmement niais de la part de chaque personnage (les fameuses et aujourd'hui obsolètes bulles de pensée !), des grosses ficelles navrantes (combien de fois a-t-on pu voir de scènes hilarantes où les personnages se changent en 2 secondes, sont épuisés puis en forme l'instant suivant, sont soudain capables de prouesses improbables à un moment-clé de l'histoire, se retrouvent à des milliers de km en un instant, etc.) et des costumes kitchs au possible...
Comprenons-nous bien, il ne s'agit pas pour moi de critiquer aveuglément une période historique de l'histoire des comics, mais je suis tellement habitué aux bandes dessinées modernes qu'il m'est très difficile de ne pas m'ennuyer aujourd'hui à ce genre de lecture, qui était d'ailleurs pensée à l'époque pour un très jeune public.
Mon avis ne s'adresse d'ailleurs pas du tout aux fans convaincus de ces intégrales, mais plutôt à d'éventuels lecteurs occasionnels qui, curieux de découvrir une série dont ils ont souvent entendu parler, pourraient tomber de très haut s'ils ne sont pas habitués à de tels écarts de lecture en rapports des comics d'aujourd'hui. Pour ma part, je m'oblige à lire ces classiques pour mieux comprendre les runs plus récents, tels ceux de Grant Morrison ou de Josh Whedon par exemple. Mais je confesse que je m'ennuie énormément et que je trouve cela très, très niais (aïe aïe aïe ! Voilà qui va me valoir toute la haine de la communauté geek qui ne supporte pas que l'on critique leurs comics !).
Pour ce qui est de l'édition en question, les épisodes sont complets (ils étaient censurés de quelques planches à l'époque des "Strange"). Ils bénéficient d'une nouvelle traduction, mais elle est peut-être encore pire que la précédente (Geneviève Coulomb est la terreur du lecteur doté de plus de 2 neurones) ! Et on nous offre quelques couvertures originales (dans certains recueils, elles sont toutes visibles. Ici, faute de place, il n'y en a que la moitié)...