Si l'idée de faire vivre quelques-uns des personnages secondaires de XIII leurs propres aventures le temps d'un album est bonne, cela permet de remonter aux sources, de leur donner plus de "chair". Le résultat dépend aussi des équipes qui s'y attèlent. Si le premier album, sur La Mangouste, était une bonne surprise le deuxième, sur Irina, était une vraie déception. Little Jones est entre les deux. En fait, il est dommage d'avoir à ce point voulu faire un roman à clés : on croise ainsi sous des identités légèrement différentes Martin Luther King comme Roman Polanski etc.
XIII repose sur une réalité légèrement alternative, comme si, à partir du premier album, on découvrait une nouvelle Amérique avec un parangon de Kennedy, assassiné lui aussi et à partir de là, tout se développe. Mais pour la crédibilité du tout, il faut que le passé repose sur la réalité que nous avons connue, la "vraie" réalité, autrement dit l'Histoire. Or ici, l'album revisite les années 60-70 avec des personnages semi-fictifs et du coup, on cesse de croire à la réalité alternative ultérieure. Si Martin Luther King n'a pas existé mais un autre, si Polanski n'a pas perdu sa femme dans les circonstances horribles qu'on connaît, plus rien n'a de sens...
Malgré ces limites, le scénario recèle quelques pépites, dont le prénom de Jones (qui a fait fantasmer tous les lecteurs de XIII) et sa rencontre avec Carrington.