Automne 2009 : nouvelle livraison de la revue XXI qui termine l"année sur ce nouveau numéro : le huitième. Bon, je ne vais pas faire l'article à chaque fois parce qu'on va finir par trouver cela suspect et croire que je bosse pour eux...Ce qui, hélas, n'est absolument pas le cas ! Mais la cause est entendue, cette revue est d'une qualité remarquable qui ne se dément pas au fil du temps et qui mérite donc d'être soulignée, encore et encore...
Au sommaire de ce numéro donc, un tas de choses intéressantes :
- un dossier sur l'immigration "noire" intitulé : "Bleu, blanc, noir : la République indigène". Quelle est le vrai visage de cette immigration ? Est ce celle, psychotique, que nous renvoie chaque jour les médias ? Ou plutôt celle du Père Borice Mokélé venu évangéliser la brousse normande ? celle de monde des petits entrepreneurs parisiens, de plus en plus métissés et dont usent et abusent les grandes entreprises pour contourner la législation du travail ? Ou encore celle de ces ouvriers maliens, venant depuis 40 ans travailler dans les abattoirs bretons ?
Quelle est la place de cette immigration au sein de notre "identité nationale" ? Sont-ils vraiment "rentrés dans l'Histoire" ou plutôt dans "notre Histoire" ? Quelle valeur reconnait-on à "leur civilisation" ? Autant de questions auxquelles tente de répondre à sa manière cette enquête.
- un reportage photo impressionnant au "pays des aigles", le nord de l'Albanie, où la vendetta constitue une tradition séculaire depuis le XVème siècle. On y manie à tout âge le poignard et la kalashnikov, parfois sans motif : "La vendetta ne veut pas savoir qui a tort ou qui a raison"... un peu comme dans les quartiers nord de Marseille aujourd'hui...
- un portait du René Dosière, député apparenté PS, devenu la bête noire des ministères, mais aussi de l'Elysée et de Matignon, lieux de pouvoirs où il traque sans relâche le moindre gaspillage d'argent public...Un homme salutaire par les temps qui courent !
- une interview remarquable de Gabriel Peries, historien spécialiste de la guerre révolutionnaire qui nous conte la génèse des doctrines contre-insurrectionnelles et le rôle de l'école française dans le succès de leur diffusion. Mises au point durant les guerres d'Indochine et d'Algérie, elles seront enseignées par des officiers français dans les écoles militaires du monde entier : Chili, Argentine, Uruguay, Brésil, où elles inspireront les escadrons de la mort de triste mémoire, et même aux USA et au Royaume Uni qui les utiliseront dans la lutte contre le Vietcong ou l'IRA...Peries constate la résurgence actuelle de ces doctrines en Irak, en Afghanistan, où l'on parle encore d'une "french touch", mais qui ici n'a rien de musicale....
Déjà fini... Vivement le prochain numéro !