Je suis surpris de voir peu de commentaires inspirés devant cet excellent ouvrage d'Elisabeth Badinter.
L'ayant lu en 1992, je ne pourrai pas non plus en rédiger quelque chose de très précis et de qualité, sauf à relire le livre, ce que je n'ai pas le temps d'envisager malgré tout l'intérêt que je porte à cette idée (j'espère toutefois le relire au moins partiellement un jour, car il le mérite).
C'est le premier ouvrage que j'ai lu d'Elisabeth Badinter (je n'en ai d'ailleurs pas lu beaucoup depuis, ce qui me semble être une lacune, au regard de la qualité de l'auteur. Mais, là encore, j'espère bien que ma vie sera suffisamment longue encore pour que je puisse espérer la combler en bonne partie).
XY, de l'identité masculine. Une sorte d'étude historique et philosophique de ce qui définit l'homme, de la place que celui-ci occupe dans la société et par rapport à la femme. Avec ses différentes phases, crises et évolutions disparates selon les endroits du monde. Et un questionnement sur ce que devient l'homme aujourd'hui, de la crise d'identité qui s'est posée ou se pose encore éventuellement quant à la place de l'homme dans la société actuelle, avec les évolutions rapides qu'a connu celle-ci en peu de temps au cours des toutes dernières décennies.
Partant de la construction de l'être masculin, du regard des parents, en passant par l'éducation qui façonne l'homme et la dyade mère/fils, puis l'instant de la séparation avec celle-ci, l'auteur caractérise ensuite ce qui définit l'homme par rapport à le femme, le besoin vital de différenciation et la séparation d'avec la mère.
Les préférences sexuelles, les différents types d'hommes, la "révolution paternelle", qui a changé le regard que l'on pouvait porter sur l'homme et son rôle par rapport à la femme ; autant de sujets dignes d'intérêt qu'Elisabeth Badinter choisit d'étudier.
J'ai particulièrement été marqué par le passage sur les rites d'initiation, dans certaines sociétés, qui m'a semblé extrêmement stéréotypé, sauvage, voire en certains cas très violent ; j'étais alors très content d'être né là où je suis né et à l'époque où je suis né.
Pour le reste, je ne l'ai lu, pour ce qui me concerne, que comme une étude particulièrement intéressante et bien choisie. Contrairement à d'autres commentaires que j'ai pu lire, je ne me posais aucune question par rapport à moi-même ; l'idée ne m'en est même pas venue.
Je conseille donc cet ouvrage à tous ceux ou toutes celles qui s'intéressent au sujet comme un sujet d'étude sur la société, les sociétés, à travers les continents et les époques.
Un vrai travail de sociologue ou plutôt de philosophe, ici. Avec tout le talent qui caractérise Elisabeth Badinter, en particulier dans des ouvrages comme celui-ci, plus "travaillés" et moins portés sur la polémique (sans nullement remettre en cause ce dernier type d'ouvrages, ni leur intérêt).