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De l'identite masculine, 5 octobre 2010
Elisabeth Badinter remonte aux origines de cette problématique identité masculine: XY sont les chromosomes de l'homme, et XX ceux de la femme.
Fait étonnant, un seul chromosome X suffit à définir une femme saine et fertile.
Le devenir masculin apparaît dès lors comme plus compliqué, condamné à tenter de s'arracher à l'appartenance à ce "X" féminisant, et de cette origine inéluctable: tous les hommes proviennent du ventre d'une femme.
Ainsi l'auteur peut-elle conclure "quand les hommes prirent conscience de ce désavantage naturel, ils créèrent un palliatif culturel de grande envergure: la système patriarcal. Aujourd'hui, contraints de dire adieu au patriarche, ils doivent réinventer le père et la virilité qui s'ensuit".
En effet, force est de constater que les femmes sont régulièrement considérées comme une déclinaison de l' homme (ne dit-on pas "Homme" dans le sens général d'humanité), alors que la science tend à prouver le contraire. On pensera à la Eve de la Bible extraite de la côte d'Adam.
Cet essai a donc le mérite de produire une enquête rigoureuse et documentée, loin des pamphlets féministes. Il s'agit au contraire de s'attarder sur une identité polémique, souvent présentée comme un combat, une épreuve, un rite de passage, donc empreinte d'une peur certaine. Mais peur de quoi finalement, si ce n'est de ce X constitutif, de ce retour possible à la féminité, souvent favorisé par l'emprise des mères dans l'éducation.
Ce livre se lit donc d'une traite. Une part très importante est laissée à la question de l'homosexualité. Le sujet est intéressant et traité efficacement, mais le fait de l'orientation et des attirances sexuelles finit presque par prédominer sur l'équivoque problématique de la virilité, qui est finalement là où le bât blesse, entre identité sexuelle et identité masculine.
Car quand l'homme sera en paix avec son identité masculine, il le sera sans doute aussi également avec le sujet de l'identité sexuelle.
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5.0 étoiles sur 5
Une étude intéressante, 15 mai 2010
Je suis surpris de voir peu de commentaires inspirés devant cet excellent ouvrage d'Elisabeth Badinter.
L'ayant lu en 1992, je ne pourrai pas non plus en rédiger quelque chose de très précis et de qualité, sauf à relire le livre, ce que je n'ai pas le temps d'envisager malgré tout l'intérêt que je porte à cette idée (j'espère toutefois le relire au moins partiellement un jour, car il le mérite).
C'est le premier ouvrage que j'ai lu d'Elisabeth Badinter (je n'en ai d'ailleurs pas lu beaucoup depuis, ce qui me semble être une lacune, au regard de la qualité de l'auteur. Mais, là encore, j'espère bien que ma vie sera suffisamment longue encore pour que je puisse espérer la combler en bonne partie).
XY, de l'identité masculine. Une sorte d'étude historique et philosophique de ce qui définit l'homme, de la place que celui-ci occupe dans la société et par rapport à la femme. Avec ses différentes phases, crises et évolutions disparates selon les endroits du monde. Et un questionnement sur ce que devient l'homme aujourd'hui, de la crise d'identité qui s'est posée ou se pose encore éventuellement quant à la place de l'homme dans la société actuelle, avec les évolutions rapides qu'a connu celle-ci en peu de temps au cours des toutes dernières décennies.
Partant de la construction de l'être masculin, du regard des parents, en passant par l'éducation qui façonne l'homme et la dyade mère/fils, puis l'instant de la séparation avec celle-ci, l'auteur caractérise ensuite ce qui définit l'homme par rapport à le femme, le besoin vital de différenciation et la séparation d'avec la mère.
Les préférences sexuelles, les différents types d'hommes, la "révolution paternelle", qui a changé le regard que l'on pouvait porter sur l'homme et son rôle par rapport à la femme ; autant de sujets dignes d'intérêt qu'Elisabeth Badinter choisit d'étudier.
J'ai particulièrement été marqué par le passage sur les rites d'initiation, dans certaines sociétés, qui m'a semblé extrêmement stéréotypé, sauvage, voire en certains cas très violent ; j'étais alors très content d'être né là où je suis né et à l'époque où je suis né.
Pour le reste, je ne l'ai lu, pour ce qui me concerne, que comme une étude particulièrement intéressante et bien choisie. Contrairement à d'autres commentaires que j'ai pu lire, je ne me posais aucune question par rapport à moi-même ; l'idée ne m'en est même pas venue.
Je conseille donc cet ouvrage à tous ceux ou toutes celles qui s'intéressent au sujet comme un sujet d'étude sur la société, les sociétés, à travers les continents et les époques.
Un vrai travail de sociologue ou plutôt de philosophe, ici. Avec tout le talent qui caractérise Elisabeth Badinter, en particulier dans des ouvrages comme celui-ci, plus "travaillés" et moins portés sur la polémique (sans nullement remettre en cause ce dernier type d'ouvrages, ni leur intérêt).
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