Ya... est le quatrième album de cette chanteuse du Burundi et fait suite à celui qui l'a révélée au public, "Sambolera", en 1996. A cette époque, la mode en était encore à sortir "le tube de l'été" par toutes les chaînes de TV et TF1 avait misé sur Khadja Nin et son exotisme de bon aloi, quitte à ne plus parler d'elle l'automne venu. C'était sans compter sur les qualités humaines de Khadja et sur sa volonté farouche de faire carrière dans la chanson. Associée à Nicolas Fiszman pour la partie musicale depuis 1985, leur album fait mouche et deux ans plus tard, voilà "Ya..." ! On prend les mêmes ingrédients, des paroles en swahili ou en kirundi avec des arrangements européens, des rythmes mixtes, syncopés surtout par le chant, deux reprises, "Sailing" chanté auparavant par Rod Stewart et "Damu Ya Salaam" qui est une adaptation de "Russians" de Sting, et le résultat est ce superbe album à l'ossature plus affinée qui découle de leur complicité devenue presque osmotique. La force émotive qui se dégage des textes magnifiés par une orchestration que ne désavouerait pas un Phil Collins ou un Sting ainsi qu'à la puissance lumineuse de sa voix envoûtante nous contamine dès la première écoute et nous incite au voyage. A noter la présence de I Muvrini dans les choeurs de "Sailing" (ils étaient ce me semble déjà présents dans "Sambolera") et la vision prémonitoire du titre "Afrika Obota" au sujet de la Tunisie, de l'Egypte et de la Lybie...