Revue de presse
Enfin, le voilà. Après plus de quatre ans de publication, les aventures d’Azuma se terminent dans ce vingt-sixième et dernier tome. S’il est des séries dont l’on redoute la fin, tant l’attachement des personnages est grand, et où l’on tremble à la lecture de la dernière page, ici, cette conclusion se présente comme une véritable libération. La fin d’un calvaire, d’un chemin de croix, pour une série si exceptionnelle à ses débuts et qui s’est mis à se nécroser lentement, mais surement, à partir de sa seconde moitié. Ainsi, les derniers tomes étaient d’une médiocrité innommable et il était temps que l’hémorragie s’arrête.
Ainsi, nous retrouvons Azuma et ses amis dans ce combat ultime face à Kirisaki dominé par le Satan, un pain démoniaque qui l’a transformé en créature mi-homme mi-pain. Afin de sauver l’humanité, notre héros doit créer son Ja-Pan ultime, celui dont il est question depuis le tout début, pour boucler la boucle. La grandiloquence est donc de mise, et la légèreté de la série a totalement disparu. Les personnages se prennent vraiment au sérieux, tremblent à chaque instant, devant la monstruosité qui s’oppose à eux. Une surenchère qui aurait pu être légitime et excusable pour une conclusion… si seulement tout n’était pas aussi grotesque, indigeste, et surjoué. La série hésite, titube, ne sait plus vers quelle direction aller, jusqu’à en devenir ridicule, comme le personnage de Kawachi. Ce dernier reprend des couleurs dans ce dernier tome, avec des réactions qui sont moins dégradantes qu’à l’accoutumée. Néanmoins, lorsque l’absurdité des transformations rejoint la médiocrité de jeux de mots (Ja-Pan Toast/Chopin Hoast), c’est surtout la consternation qui s’empare du lecteur.
Alors qu’on pensait que cet ultime supplice servirait de libération finale, voici que l’auteur pêche par excès de gourmandise une dernière fois. Jouant la garde du message humaniste et écologiste, il ressort le personnage de Pierrot Bolneze dans un épisode final centré sur le réchauffement climatique, qui serait accéléré par le dégagement de gaz carbonique lors de la levée. Un chapitre certes un peu plus léger, mais matinée de réactions toujours aussi moyennes, sans compter le malaise imposé par ce message que l’auteur veut nous inculquer de force. A croire que Takashi Hashiguchi a fini par prendre aussi son manga trop au sérieux, victime sans doute d’un dédoublement de personnalité.
Bref, que dire pour conclure ? Qu’il n’y a malheureusement pas grand-chose à sauver dans ce dernier tome, qui ne peut combler le néant des précédents, et qui ne se force pas tellement pour le faire. Même si le dernier épisode permet un décalage avec les dernières situations pesantes, il ne fallait pas non plus espérer retrouver la fraicheur des débuts. Au final, ce tome n’a qu’une seule qualité : c’est que c’est le dernier !
Tianjun
(Critique de www.manga-news.com )
Biographie de l'auteur
Sa carrière de mangaka professionnel démarre en 1988 avec la publication de sa première série, Combat Teacher, après avoir été le lauréat l’année précédente du prix Tetsuya Chiba du Weekly Young Magazine (Kodansha) décerné aux jeunes auteurs. Il travailla un temps en duo sous le pseudonyme commun « Takeshi Takashi ». Ses deux œuvres les plus reconnues sont Chousoku Spinner (ou Super Yo-yo, inédit en France) qu’il débute en 1997 et, bien évidemment, Yakitate Ja-Pan !! pour lequel il connait un succès international.
A ses heures perdues, Takashi Hashiguchi est également un grand passionné de théâtre et tentera même une brève carrière en délaissant les planches à dessins pour des planches autrement plus grandes. Il s’avère être également un amateur de sports en tous genres, et plus généralement, aura à cœur d’exploiter tous ses rêves d’enfants. Ainsi, aux séries parlant de yo-yo ou de baseball se mêlent des histoires plus originales comme sur la boulangerie ou la coiffure. Hashiguchi s’autorise tous les thèmes. Sa dernière série en date, Saijo no Meii (le meilleur chirurgien), s’intéresse au monde médical. Débutée en 2008, et toujours en cours, cette série raconte les aventure d’un adolescent avec un don pour la chirurgie… après les mains solaires, voilà les mains de Dieu ?