Scénario écrit par Luc Besson, une valeur cotée en bourse (Europacorp), "Yamakasi, les samouraïs des temps modernes" (2001) est une brillante illustration de la sous-culture érigée en idole pour une génération.
Tout dans le film est faux; à commencer par le titre, qui est ni plus ni moins, non un emprunt, mais un vol du souvenir du magnifique
Les Sept Samouraïs de Akira Kurosawa. Rien à voir. Antithèse absolue et guignolesque. Alors que les samouraïs se battent pour l'honneur et la liberté d'un village, ici, des "jeunes" de banlieue se piquent de voler en jouant des acrobates. Alors que la mort est un facteur intégré dans le combat des chevaliers, la fanfaronnade est celle franchie sans tabous par Besson.
Travestissement de la réalité, avilissement programmé de la finalité de l'engagement de ces "samouraïs d'opérette" : voler une organisation qui transfère des organes pour sauver la vie d'un enfant... C'est pathétique.
Quand un milliardaire, bien à l'abri financièrement, bien protégé -par l'Etat, sa police nationale - assure la promotion du vol, pour alimenter son enrichissement, cela relève de la psychiatrie. Besson se pose en sous-Zola de la misère : bien replet, qu'est-ce que l'on peut trouver de vicieux chez les pauvres ! Je ne définis par autrement la pornographie.
"Chef, votre tourte sent le pineau" et "heureusement, l'ânesse est loin de la farine" car avec Besson, c'est l'inverse contrepé*tulant qui s'impose.