Assurément, Yasujirô Ozu tient sa place au panthéon du cinéma mondial. Tout d'abord parce que ses films n'ont pas pris une ride. Même si ce Japon des années 1950-60 a bien changé (maisons traditionnelles, voitures, matériaux...), l'esprit reste le même. Ensuite, il y a cette façon de filmer, unique, si proche des coutumes japonaises : caméra au plancher, vision en contre-plongé. On se croirait assis sur un tatami, à côté des acteurs. Et puis enfin, ces acteurs, que l'on retrouve tout au long de la filmographie du réalisateur, on finit par s'y attacher. Les grands parents tendres, la mère vaniteuse, le "salary" trop occupé par son travail, et ces secrétaires fraîches comme un printemps à Tokyo. Remarquable initiative donc de Arte Video de rééditer ces films en DVD (manquent toutefois quelques joyaux des années 1950 comme Voyage A Tokyo), d'autant que la chaîne organise régulièrement des rétrospectives Ozu. Wim Wenders, admirateur inconditionnel en Allemagne, lui a d'ailleurs consacré un fameux reportage-film, réédité lui aussi en DVD. Enfin, la qualité visuelle aussi bien que sonore est irréprochable, et l'on peut enfin débrayer les sous-titres à volonté.