Angleterre, 1666. La peste fait son arrivée dans un petit village minier du nord du pays. Après l'incrédulité et l'horreur des premiers cas mortels et la diffusion de l'épidémie, on assiste, à travers le récit de la villageoise Anna, à la lutte (souvent fratricide) pour la survie des habitants. Colère divine? Malédiction ou simplement coup du hasard? C'est la peinture d'une époque, souvent rude et violente envers ceux qui ne se conforment pas aux règles, et d'une société en évolution dans sa lutte contre un mal encore méconnu bien que souvent cotoyé. Des portraits de femmes aussi: de la douce femme du pasteur, à la guérisseuse herboriste incomprise, en passant par la folle hystérique à la limite de la sorcellerie, les protagonistes du roman sont toutes emblématiques d'une frange de la société de l'époque. Quant aux hommes, il en est de même, avec à leur tête une image forte: le pasteur Mompellion, qui exigera d'eux un très grand sacrifice, celui de leur liberté.
La fin du livre, rédemptrice, nous offre des personnages grandis et changés à jamais, se découvrant eux-mêmes plus libres aussi, paradoxalement, qu'avant l'épidémie.
Un style agréable, un roman historique intéressant, reflet d'une époque troublée.