Pour leur premier album en quartet, les Grizzly Bear de Brooklyn cognent très fort. Faisant preuve d'une étonnante maturité, ces lascars y mélangent, dans la plus fine mélancolie, le folk traditionnel de papy et les bidouillages électroniques du petit neveu. Alors qu'ils chantent tous les quatre sur leur album, et qu'ils y jouent de quasiment tous les instruments possibles, de la clarinette au banjo, en passant par le glockenspiel et l'autoharpe, de véritables symphonies pop semblent se dessiner comme l'ensemble des sons les plus divers se marient les uns aux autres en des harmonies qui laissent pantois.
On pense pêle-mêle à Radiohead , pour le côté expérimental, à Tom Waits pour les arrangements bizarroïdes tirant vers le baroque ou encore à Elliott Smith pour la voix sur certains morceaux et le côté folk. Musique à la fois psychédélique et raffinée, aérienne et subtile, il suffira de la simple écoute de "Marla", pour y saisir toute l'émotion d'une créativité vibrante et inspirée. La griffe de ces grizzlys-là est une aptitude certaine pour les atmosphères éthérées les plus douces et la nostalgie la plus poignante.