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Révélé par un album explosif en 1998, le salsero colombien ne se contente pas ici de gérer l'acquis. Sa musique, certes, fonctionne aussi avec des recettes éprouvées, mais celles-ci doivent beaucoup au bouillant tempérament de ce chanteur généreux et de cet orchestre décoiffant qui le soutient dans l'effort. Une musique contagieuse qui dit toujours et encore que l'on n'est pas obligé de danser idiot. Preuve en est un titre comme "Estàn quemando la caña", hommage aux paysans exploités de sa Colombie ou cet autre cri de révolte, "La vida no vale nada", tiré du répertoire du Cubain Pablo Milanès. L'album regorge de reprises et d'emprunts, dont le moins surprenant n'est pas "La Chanson des jumelles", le thème de Michel Legrand tout à fait naturel dans ce traitement brûlé de soleil, et traité en latin-jazz. Au rayon des surprises, on relève l'adaptation de la superbe "Mala Vida" de Manu Chao, période Mano Negra, qui finalement trouve là des habits adaptés. Mais la plus étonnante est cette version en espagnol du "Your Song" d'Elton John, qui devient une salsa frivole baptisée "Tu canción". Avec ses cumbias ("Madre"), ses boleros ("Banano De Uraba"), ou un genre nouveau né de la rencontre avec Faudel, le salsa-raï ("Salsa Raï"), on mesure combien la salsa de Yuri Buenaventura peut faire du bien, et inventer.
--José Ruiz
Platine
Révélé avec les reprises salsa des standards "Ne me quitte" (Brel) et "La Belle Histoire" (Fugain), toutes deux promues par de sympathiques clips propices au voyage et à l'évasion, le Latino-Américain Yuri Buenaventura nous livre déjà un deuxième album après
Herencia Africana. Joliment habillé de couleurs toniques, cet opus, plus riche et abouti que le précédent, nous prend par la main dans une étourdissante ronde ouvrant sur l'énergique "Salsa", le thème du film du même nom. Un titre auquel répond en écho le malin "Salsa Raï", un dialogue hispano-arabe avec l'incontournable Faudel. Deux titres signés de Yuri lui-même, tout comme "Madre", dédié à sa mère, ou "Banano de Uraba", vibrant hommage à la végétation de sa terre et à ceux qui y travaillent. Et comme il n'y a pas de raison pour changer une recette qui a fait ses preuves, le sympathique Colombien se permet quand même quelques reprises bien senties : "Mala Vida", empruntée à la Mano Negra et revue à la sauce Caraïbes, ou encore "Your Song" d'Elton John, devenue en toute logique "Tu Cancion". Sans oublier le moins connu "La Vida No Vale Nada", du poète cubain Pablo Milanès, ou encore la chanson des jumelles des
Parapluies de Cherbourg, étonnamment liftée latin jazz. En 14 plages ensoleillées, sans coquillages ni crustacées,
Yo Soy offre largement de quoi se réchauffer.