Bo à quinze ans. Kim en à douze. Ils ont la beauté suprême de leurs ages. Le deuxième, ravissant petit blond au beau cheveu long, n'est autre que le fils du directeur. Mais, il n'est pas pour autant privilégié par cette situation, à cause d'une paternité trop sectaire. Par exemple, cette vexante gifle (Heureusement épargné par l'oeil mécanique) prise pour avoir prôné à un copain l'amour libre. Mais, il n'en a qu'a moitié faire, c'est à l'exterieur du nid familial qu'il va communier avec les flux exutoires du bien être, comme un indispensable abreuvoir pour s'épanouir, pleinement respirer, s'amuser et s'émouvoir. Nous sommes ici au lycée, dans un internat en plein Danemark et en pleine campagne. Les enfants et adolescents on un lac à deux pas pour y festoyer et se désaccorder provisoirement des contraintes de l'établissement. Tout est ici d'un réalisme qui colle au film comme à son époque. Le langage est quelquefois cru. Il y a des conflits verbaux et physiques, et des liens affectifs qui se nichent un peu partout. Avec des garçons qui commencent à s'interesser de plus en plus à "la chose", quitte à enfreindre le règlement strict et morose (Des photos de femmes nues, affichées dans les chambres et les douches). Quelques prof libérals, complices, tendre (L'un d'eux tente de consoler un garçon qui à le blues de ses parents), et très ouvert d'esprit avec les élèves laissent à ces derniers la pleine possibilité de s'exprimer et de s'ouvrir (Avec eux, au moins, on ne peut pas dire qu'ils regardent l'heure tourner !). Ils font de l'expression artistique, sous forme de musique, de sketch (Formidable jeux de miroir, avec nos deux lovers qui sont aimanté par les mêmes gestes), de théâtre... et c'est tellement mieux qu'un cours de math ! Avec les autres, c'est la scolarité basique, et sa rigidité classique. Trop classique de surcroît, et qui va entraîner le renvoi d'un des élèves, pour avoir posé les fameuses photos dans un endroit jugé non approprié. En solidarité, les élèves font une grève (Superbe scène, ou un lycéen quitte le cour, et incite les autres à le suivre devant le refus du directeur -également professeur- de les laisser parlementer entre eux) qui se terminera à la réintégration du concerné. Et toujours cette superbe solidarité, va monter le bout de son nez, quand tous les camarades de Bo, vont accourir pour l'extirper des griffes d'une des terreurs de l'endroit. Et quelques flirts et amitiés particulières vont bientôt émerger. C'est le point central du long métrage. Elles n'on jamais été exposés d'une manière aussi vrai, et sans la moindre guillemet du metteur en scène. Avec notamment, un débutant initié par une fille visiblment plus dégourdis que lui. Puis, un garçon de treize ans et son aîné, qui se font un vrai baiser dans une salle d'eau, et dans le plus simple appareil. Et donc, celle de nos deux héros. Ils vont très vite se trouver, ils vont profondément s'aimer. Ils vont beaucoup échanger. D'un tour de vélo, ou Kim s'assoit sur le guidon avec une splendide passion qui se pointe à l'horizon. Ces subtils accords de guitares sèche, qui les guides dans un arpège des plus mélodieux, dans une total appartenance. D'une sieste partagé en pleine forêt, blottit l'un contre l'autre, à l'abris des misères et des conflits. D'une douche pris à deux, avec la découverte des chairs et les premiers effleurements. Jusqu'à un lit partagé, avec des peaux qui se cimentes. Des jeux langoureux. Des doigts et des mouvements guidés par l'effervescence. Cette scène ou le plus âgé dessine des peintures de guerre sur son adoré. Celle, ou il le caresse de la bouche au nombril, par la brise enchanteresse de son souffle. Merveille de frissons, de sensualité et d'éveil des corps. C'est comme un archange qui descend et les entoures de la tendresse de milles déesses. La poésie, alors s'illumine et la caméra se fait divine. Puis les derniers instants, avec le plan le plus audacieux. Dans le cadre de courts métrages tournés par les élèves eux mêmes, pour sceller la fin de l'année, ce sont nos deux amoureux qui passent en dernier. Et après que le cadet et enlevé le haut, il ne cesse des se toucher, de s'enlacer. La dévotion des épidermes, comme un béryl ardent, entrecoupé d'un interminable et fougeux baiser. L'atmosphère est alors imprégné d'un embélissement électrisant. Ils sont seul au monde, en autarcie, plus rien n'existe. Les visages expriment le plein bonheur, vivifié du merveilleux sourire du plus petit, fixé par la caméra. Le splendide éclairage qui le magnifie. Ici comme auparavant, le lyrique devient mirobolant, mais la sensibilité exprimé par le réalisateur atteint alors l'état de grâce. C'est peut être banal à décrire, mais les plans rapprochés sont d'une telle beauté que j'en ai été bouleversé. Une osmose amoureuse de fulgurations en totale symbiose. L'objectif nous renvois des images éclairés par une esthétique proprement stupéfiante. Il n'y a que la pleine divinité de l'union des deux garçons, de leur âmes et de leurs corps qui est droit de cité. Plus rien ne pourra les séparer. C'est l'apogée du sublime... et c'est magnifique !