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Épaulé par Jerry Finn, producteur de Bad Religion, Green Day ou Blink-182, le 7e album studio de Morrissey
You Are The Quarry est robuste et sans fioriture. Décrit par le fidèle guitariste Alain Whyte comme un mélange parfait entre
Your Arsenal et
Vauxhall & I, lalbum du retour (après 7 années dabsence) ne sembarrasse plus des futilités lyriques qui ont sacré Morrissey tycoon de la pop des années 80. Éternel outsider qui ne craint pas plus le ridicule que les longs solos de flûte ("I'm Not Sorry"), Morrissey attaque timidement limpérialisme américain (America Is Not the World) sans négliger de saluer ses détracteurs ("You Know I Couldn't Last" :"The critics can't break you/they unwittingly make you."), responsables de son exil californien. Emmené par lhymne "Irish blood, English Heart", où le chanteur retrouve ses tourments denfants irlandais émigré à Manchester, lalbum scintille sous les claviers vintage (tenu par Roger Manning, ex Jellyfish, repéré avec Blink-182, Air ou Beck), les guitares arrogantes, la harpe et la mandoline. Un écrin idéal pour la voix inimitable de ce dandy mélancolique.
--Sabrina Silamo
Critique
A l’échelle de la pop, sept années équivalent à deux ou trois générations. Un artiste qui laisse passer autant de temps entre deux albums a donc, au moment de son retour, à peu près autant de chances de rencontrer l’indifférence générale (le public vous oublie vite) que de relancer sa carrière (le public vous redécouvre).
Dans le cas de Morrissey, on se situe clairement dans le second cas de figure, comme le montre l’éclatant succès rencontré par l’album avec lequel il signa son retour,
You are the quarry. Il est vrai que ce succès n’a rien d’étonnant lorsque l’on écoute le disque en question ; celui-ci rassemble en effet quelques-unes des chansons les plus efficaces et les plus irrésistibles jamais enregistrées par Morrissey, serties dans une production calibrée pour les radios américaines (Jerry Finn, l’homme derrière la console, est l’un des artisans du succès de Blink 182 ou de Green Day, ce qui situe assez bien le niveau d’ambition commerciale de l’album). A plusieurs reprises,
You are the quarry évoque d’ailleurs l’immédiateté de
Your Arsenal, le côté « rock’n’roll décérébré » en moins, l’ironie acerbe des textes en plus.
Car les mots de Morrissey n’ont rien perdu de leur superbe : tour à tour sarcastiques («
I like you » ), mordants («
The world is full of crashing bores »), ou simplement touchants (le tubesque «
First of the gang to die »), ils se sont simplifié, pour mieux toucher à l’essentiel.
Précisons encore, car on le dit trop peu, que Morrissey n’a jamais aussi bien chanté (sa voix, à elle seule, fait tout le prix de titres comme «
America is not the world »), et l’on comprendra que
You are the quarry vaut bien mieux que ne le laisse supposer son statut d’ « album du retour ». Si le terme n’était pas si galvaudé, et s’il ne s’appliquait pas si mal à un artiste aux vies artistiques multiples comme Morrissey, on parlerait ici de « renaissance ».
Thibaut Losson - Copyright 2012 Music Story