Le départ de Gene Clark à l'écriture a permis aux membres restants de prendre leurs responsabilités dans ce domaine. Dans ce quatrième album, datant de 1967, jusqu'alors aux abonnés absents, Hillman s'y colle aussi (4 morceaux seuls et un avec McGuinn), Crosby en assurant, pour sa part, trois (et un avec McGuinn) tandis que le nouveau boss (McGuinn) apporte son écot limité à une maigre collaboration avec Robert J. Hippard (normal, c'est le patron !). Une reprise de Dylan (on reprend les bonnes vieilles recettes) complète cet album, produit par Gary Usher. En cette année 1967, fertile en albums mythiques, les Beach Boys, les Beatles et les Stones carburent fort. Les Byrds peinent à suivre le rythme et tirent cependant leur épingle du jeu. Leur fidèle public s'y perd un peu, Fifth Dimension trop expérimental, les ayant détournés de leur folk rock incomparable pour s'adonner à un registre plus psychédélique. Le départ de Gene Clark, l'icône de l'écriture, n'est pas fait pour arranger les choses. Dans ce contexte où il faut sortir la tête de l'eau et remettre le nez dans le guidon, McGuinn va prendre les choses en main en soignant l'écriture, en diversifiant l'offre, en fusionnant pop, folk-rock, country-rock et psychédélisme. Commercialement l'album ne fera pas d'étincelles. Artistiquement, oui. Car il est excellent, du haut de ses 29 petites minutes. Mais ce sera (pour moi) leur chant du cygne. Alors, c'est quoi exactement ces merveilles en question ? D'abord le probant et ironique titre d'ouverture So You Want To Be A Rock'n'Roll Star (et ses trompettes de mariachis), le sublime Have You Seen Her Face (Hillman a bien fait de se fouler un peu car il a écrit un grand morceau !), l'enivrant Why (Crosby et McGuinn), l'étrange et captivant Mind Gardens (Crosby), le merveilleux Everybody's Been Burned, le subtile Renaissance Fair, un titre très Flower Power, Thoughts And Words, très Beatles et la version revisitée de My Back Pages de Dylan. Pour le reste, des titres comme Time Between et The Girl With No Name de Chris Hillman, avec un Clarence White à la guitare, annoncent le Byrds à venir, plus country-rock (Sweetheart Of The Rodeo). Je ne lui aurais pas accordé un tel crédit à sa sortie mais l'album a si bien vieilli qu'il en est devenu une pièce maîtresse de leur discographie. Pour moi, on tient là le meilleur Byrds avec The Notorious Byrd Brothers de 1968. Donc, ça vaut pareil. Cinq.