Youri Egorov- The Master Pianist-
Compilation d'enregistrements EMI 1978-1986
Youri Egorov n'a pu accomplir qu'une brève carrière, saluée internationalement, avant de tomber gravement malade et de décéder à moins de 34 ans.
Avant la parution de ce coffret "Egorov, The Master Pianist", je connaissais son Carnaval de Schumann, version qui reste ma préférée et qui le restera peut-être longtemps, version qui prend à la gorge et ne lâche plus, par sa dynamique et sa pâte sonore si riche. Très justement, EMI l'a incluse dans le coffret.
Ce coffret m'a révélé en plus ses Kreisleriana (Schumann), tournoyant autour de l'abime, et avec des pianissimi d'anthologie que l'on n'oublie plus. De même ses Debussy, et là c'est un certain choc: le maître de la couleur parle, et c'est peut-être l'expression juste dans la mesure où l'interprète nous lit des histoires artistiquement illustrées, en y croyant et en y "mettant le ton" (pour ça, il faut bien sûr une virtuosité sans faille). On est loin de la beauté froide d'un Michelangeli où des recherches de sonorités un peu vaines d'un Arrau. Je place pour le moment son interprétation des Préludes, Livre I et II en haut de la pile.
Je signale en bien sa Ballade Op.23 de Chopin (la première Ballade) et la Fantaisie Op.49
Et puis il y a de larges extraits de son concert du 16.XII.78 à Carnegie Hall (il avait 24 ans) pendants lesquels on n'ose plus trop respirer devant tant de beauté et d'intensité (Bach, Mozart, Chopin).
Son Beethoven de 82 (concerto l'Empereur) est à connaitre pour son originalité, mais les 2 concertos de Mozart, captés en studio vers la fin de sa brève carrière ne sont guère intéressants amha. On aurait pu s'en dispenser ici, de même la photo du livret prise justement pendant ces Mozart, où l'on voit 2 musiciens du Philarmonia bailler ostensiblement, pendant que le chef (Sawallisch) discute avec Egorov d'un détail de la partition!