Cinq ans après l'éclosion de The Strokes, son guitariste débonnaire à l'épaisse chevelure bouclée (qui en fait le chouchou des jeunes filles en fleurs) se présente au test de l'émancipation solo. C'est chose faite avec ce
Yours To Keep, dont la couverture et le titre plein d'amour (tous deux d'une naïveté surprenante !) ne risquent pas de provoquer la polémique suscitée avec la pochette de
Is This It.
Attendu au tournant, celui qui chante parfois mais n'est pas le chanteur du groupe, passe haut la main le test vocal, et dévoile même un organe capable de visiter plusieurs registres. Si l'on ne peut pas parler de puissance, la voix de Hammond gagne cependant en hardiesse et en personnalité sur
« Bright Young Thing », devient mélancolique sur
« Blue Skies », mais ne peut éviter le piège, le réflexe, de retomber dans le Strokes pur jus (
« Holiday »), surtout quand Casablancas, aux chœurs, vient renforcer cette impression.
Heureusement, avec l'arrivée de Sean Lennon, un autre grand nom de la pop new yorkaise, (
« 101 ») ou l'arrivée d'influences telles que les Beach Boys (
« Cartoon Music For Superheroes »), Hammond, guitariste avant tout, se débarrasse plus franchement de ces réflexes. Rien de bien nouveau mais rien de vulgairement prétentieux, le gentil guitariste a plus d'une couleur dans sa palette pour faire en sorte que l'entreprise de ne ressemble qu'à lui. C'est même l'éparpillement touchant du projet qui en fait son principal atout.
Bien qu'il ait déjà co-écrit quelques titres avec Julian Casablancas au sein de son groupe, il semble, à l'écoute de ce premier album, que le besoin était grand pour Hammond Junior de respirer librement un peu d'air frais.
« Hard To Live In The City » qui clôt l'album est, à ce titre, la chanson la plus réussie.
Anne Yven - Copyright 2012 Music Story