Un aveugle d'aspect pataud, fait irruption dans la petite province de Shinosa. Nommé Ichi, il se fait vite connaître pour ses talents de masseur et pour son habileté surnaturelle aux dés. Mais une autre réputation l'a précédé : en dépit de son handicap, c'est un bretteur hors pair. Et le chef Sukégoro du clan yakuza Lioka entend bien s'attacher ses services dans la guerre sanglante qui gronde contre son ennemi irréductible, le clan Sasagawa. Pour Zatoichi, c'est aussi la perspective d'un combat à mort contre Hirate, un mercenaire pour lequel il s'est pris d'amitié.
Premier film d'une série qui compte parmi les plus importantes du cinéma japonais, Zatoichi, le masseur aveugle pose les bases d'un personnage qui peuplera l'imaginaire japonais pendant presque 30 ans. Le succès phénoménal de cette série, et le maintien de son niveau de qualité est essentiellement à son interprète, Shintaro Katsu qui s'est quasiment exclusivement consacré à cette série toute sa carrière. Jusqu'en 1990, date du 26e et dernier Zatoichi tourné avant sa mort, il sera successivement acteur, réalisateur et producteur de la série, maîtrisant complètement son personnage.
Pour ce premier opus, on retrouve derriere la caméra un autre instigateur d'une grande série du chambara japonais Kenji Misumi (les six Baby Cart produit par la société de production de Shintaro Katsu, avec le frêre de celui-ci Tomisaburô Wakayama). On sera d'ailleurs reconnaissant envers Wild Side Video qui nous sort dans sa sélection de 14 films sur les 26 que comporte la série Zatoichi, les six épisodes réalisés par Kenji Misumi. La série démarre avec un film très noir, mettant en évidence les différentes facettes du personnage du masseur aveugle, à la fois égoïste, manipulateur, truqueur et possédant son propre code d'honneur contre vents et marées.
Zatoichi se comporte en effet soit comme un robin des bois, où un calculateur sans pitié, menant les choses là où elles peuvent l'arranger. Tout cela s'inscrivant dans un code d'honneur digne d'un samourai qu'il n'est pas vraiment. Le film possède tout les ingrédient d'un grand film de yakusa, avec en plus une imagerie remarquable, renforcée par le magnifique noir et blanc, et un sens du cadrage magnifique. Pour tous les amateurs de films de sabre et les autres, c''est un film à voir sans aucune hésitation.