A de nombreux titres, « Zazie dans le métro » peut être perçu comme un roman d'évasion. Evasion d'une jeune fille, Zazie, qui fugue de sa famille d'accueil parisienne à peine débarquée de sa province. Evasion des différents personnages de ce roman, qui rompent tous d'une manière ou d'une autre avec l'ordre établi. Evasion de l'écrivain Raymond Queneau, qui joue avec les mots (un flicmane, un hormosessuel) et avec l'oralité (charlamilébou, bâille-naïte).
Oui vraiment, « Zazie dans le métro » est comme un appel incitant à s'évader des règles trop rigides de ce monde. Sur son propre rôle d'écrivain, voici ce que Raymond Queneau dit : « ...toute cette histoire (...), à peine plus qu'un délire tapé à la machine par un romancier idiot (oh ! pardon). » Et plus loin, cette phrase confirme que l'écrivain ne s'est pas pris au sérieux : « possible, répondit Trouscaillon animé avec une audace qu'un bon écrivain ne saurait qualifier autrement que d'insensée. »
Toute cette légèreté, ces jeux avec les mots et les clins d'oeil de connivence de l'écrivain sont comme un appel à profiter de la vie et à prendre conscience de son évanescence : « Un rien l'amène, un rien l'anime, un rien la mine, un rien l'emmène ».
L'impression finale laissée par ce roman ? Ses jeux avec l'oralité sont plaisants dans un premier temps, mais par la suite ils ne parviennent pas à combler son manque de consistance. Ce qui fait que son appel à l'évasion ne m'a pas fait décoller bien loin.