Un roman de Greg Egan qui démarre de manière étonnante, c'est bien du Egan, par le ton, l'ouverture d'esprit, la largeur de vue, mais il n'y a pas tant de science que ça dans les 4 ou 5 premiers chapitres.
Ça se passe en Iran, et c'est un tableau de l'Iran moderne, de sa vie, de ses milieux politiques. Quelques considération sur la transsexualité, l'Islam. On est en 2012 l'Iran a basculé vers la démocratie, les gens en ont eu marre des Mollahs, des Shahs, et autres obscurantistes, et suite à un grand soulèvement populaire et démocratique, c'est devenu un pays tout nouveau et plein d'avenir. (On profite au passage de pas mal d'informations sur la dynamique de la vie, de la politique et de la société en Iran).
Dans le roman la dynamique économique du monde a un peu basculé vers l'Asie, l'Inde et l'Iran. Et c'est notamment là qu'on trouve nous héros, dans le milieu de la programmation de jeux, et notamment dans le jeu de rôle en réalité virtuelle.
Les "bouts" qui forment le début sont plutôt bons, et contiennent plein de choses bien vues, mais ils forment une introduction est malgré tout un peu longue, qui aborde peut être un peu trop de thèmes variés. Cette introduction a le mérite de donner de la profondeur aux personnages et au cadre (probablement peu familier pour la plupart d'entre nous). Après quelques temps, Egan revient à ses thèmes favoris. On reconnaît bien ses sujets habituels: par le biais de la réalité virtuelle et des jeux de rôle à immersion totale, il en arrive à comment améliorer les personnages-non-joueurs (simulacres) avec des réseaux de neurones; comment créer des copies de gens plus ou moins convaincantes (par exemple dans le jeu qui copient le talent les "tics" et les compétences motrices d'une célébrité sportive ou autre); pour éventuellement finir par des considérations sur l'upload de personnalité des gens humains qui vivent dans notre vrai monde pas virtuel pour les copier dans un hardware et une réalité virtuelle et informatique (notez que dans ce roman, ça n'arrivera pas, c'est juste laissé comme piste pour l'avenir). Bref, c'est le bout "futur proche" de la saga du futur que dessine Egan au fil de ses romans, comme "Diaspora" par exemple était le bout "futur extrêmement lointain".
Bien sûr comme c'est son sujet de réflexion favori il arrive à le rendre crédible et à le renouveler pas mal et à apporter à son sujet un niveau de détail de crédibilité et de réflexion rarement atteint dans un roman de SF.
Bref, ce n'est peut être pas le meilleur Egan, et sûrement pas celui que je conseillerai en priorité à quelqu'un qui veut découvrir l'auteur. Mais les fans de Egan ne seront pas déçus, ils retrouveront sa patte, passeront un moment agréable dans la compagnie intelligente de cet auteur. A défaut d'être le meilleur texte de Egan, c'est quand même un roman qui tient bien la route.