Sur le papier, le projet est intéressant : suivre Zidane à la trace avec 17 caméras, lors du match Real-Villarreal d'avril 2005, match sans doute volontairement choisi pour son côté très ordinaire et l'expulsion de Zizou sur la fin.
Le film relève à la fois de l'hagiographie, du film-concept et, il faut bien le dire, du fourre-tout parfois un peu limite. Un "portrait" son & image sur lequel viennent se greffer en sous-titre des extraits significatifs d'interviews de Zizou censés permettre de mieux le cerner - on comprend vite que c'est plutôt pour le béatifier et lui ôter toute mesure terrestre. Pour sauver les plages d'ennui et donner un côté clipesque, on a le droit à du Mogwaï (groupe de post-rock écossais dans la veine de Sigur Ros, pratique pour faire ambiance planante) quasiment en permanence. Pendant la mi-temps, le spectateur apprend que, dans les 90 minutes d'un match de foot, il se passe plein de choses dans le monde. Dingue.
Au final, le constat est aussi banal qu'inévitable : c'est bien le seul "portrait" qui ne nous apprend absolument rien de son sujet. Zizou marche, court, tape dans le ballon, pique une colère, rigole avec Roberto Carlos... Exceptionnel ? C'est à se demander si les réalisateurs ont déjà mis les pieds sur un terrain de football. Quant à ceux qui espéraient entendre notre Zizou parler hors-caméra de télévision, c'est raté ! Ils n'auront le droit qu'à la panoplie borborygmique des "Oh !" et des "Eh !". Et donc, contrairement à son sujet, ce documentaire-concept se prend à son propre piège et a bien du mal à atteindre son but.