The Rise and Fall of Ziggy Stardust est aux années 70 ce que
Sgt. Peppers Lonely Heart’s Club Band fut aux années 60.
Ziggy Stardust est le premier album post-moderne » selon les critiques à sa sortie. Cet album concept ultime, compilation de morceaux autour d’un thème de science fiction racontant l’histoire d’un extraterrestre venu d’une planète inconnue qui va accomplir une trajectoire de rock star sur la planète terre va permettre à David Bowie d’accéder enfin à ce statut de star si convoité. Le groupe resserré autour de Bowie (guitare et saxo) comprend le guitariste et arrangeur Mick Ronson , la paire rythmique de Trevor Bolder à la basse et Mick Woodmansey à la batterie. Doté d’un groupe solide, « The Spiders From Mars » et d’un son souple et sobre, David Bowie peut dérouler l’histoire du premier personnage de sa carrière : Ziggy Stardust.
L’album débute par le mélodramatique
« Five Years » : à l’annonce de l’apocalypse prévue dans cinq ans; une scène de panique éclate. Ziggy Stardust, extra-terrestre venu de Mars sera la dernière pop star avant l’échéance fatale. Le plus doux
« Soul Love » est un superbe amalgame entre un riff acoustique quasi folk et des attaques de guitares furieuses de Mick Ronson. La chanson restera au répertoire scénique de David Bowie jusqu’en 1978. Le très rock
« Moonage Daydream » chanson favorite du disque reste la déclaration de foi du personnage Ziggy Stardust nouveau gourou qui offre le salut par le rock’n’roll afin d’affronter l’apocalypse . Les éclats de guitare de Mick Ronson, le chant haut perché de David Bowie, la sensualité des paroles font de cette chanson un vrai moment d’éclat résumant à elle seule l’intensité de l’album.
« Starman » fait de David Bowie une star le propulsant à la première place des charts anglais. Son passage à « Top of the Pops » marqua fortement les esprits et installa Ziggy Stardust dans la mythologie rock. De tous les titres de Ziggy Stardust, c’est de loin le plus classique écrit pour devenir un hit.
« Lady Stardust » est un hommage à son ami et rival Marc Bolan de T.Rex et également de façon plus cryptée au Velvet Underground et à sa mythique chanteuse Nico. Porté par le piano classieux de Mick Ronson et un chant intense,
« Lady Stardust » est un sommet de lyrisme qui tire les larmes : David Bowie y traite de son désir de devenir une star. C’ est le titre le plus rock’n’roll avec son piano digne de Little Richard et les riffs coupant de Mick Ronson.
Son sens du riff accrocheur se retrouve dans
« Hang On to Yourself » titre dont la mélodie est inspirée du célèbre
« God Save the Queen ». C’est une ode assez crue à l’excitation sexuelle des concerts de rock décrite par un membre des Spiders from Mars. Après l’apologie de la célébrité tapageuse, arrive le déclin décrit dans
« Ziggy Stardust ». David Bowie y fait l’inventaire des pièges du star-system : un Ego qui surchauffe et la star vue en manipulateur voire en gourou lépreux « (like a leper messiah »).
Le survolté
« Suffragette City » et son piano à la Jerry Lee Lewis montre un Ziggy Stardust pris dans une paranoïa galopante. Le jeu de Mike Ronson est presque un archétype du glam rock par ses attaques éblouissantes portant le morceau à des hauteurs inespérées..
« Rock’n’Roll Suicide » clôt l’album en splendeur avec la chute inexorable de la star Ziggy Stardust. Il s’est brûlé les ailes et n’a plus qu’à mourir dans la plus extrême solitude.
A sa sortie en juin 1972 ,
The Rise and Fall of Ziggy Stardust grimpe immédiatement dans les premières places des charts anglais et consacra David Bowie comme super-star juste après l’ascension de son rival et ami Marc Bolan de T.Rex.
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