« Tu pourrais me faire un scat ? - D'accord bon, Laurent donne quelques coups d'archet, François tape sur les poêles à frire et la caisse claire, moi je me débrouille avec ma voix, l'arrosoir et les machines ! Je suis content et joyeux de faire ça pour moi comme si je sautillais gaiement dans la forêt sans électricité » ... Ainsi parle Hugues le Bars du « making of » de son Zinzin, dont on imagine l'ambiance. Ce gars-là, vous l'avez sûrement déjà entendu sans le savoir, dans des musiques de publicité, de dessins animés ou des bandes originales de film. Hugues Le Bars est un compositeur de génie, qui mélange harmonieusement les instruments de musique avec toutes sortes de sons, et surtout les plus inattendus. Souvent amusants, souvent émouvants, les morceaux de Zinzin surprennent toujours. Il aime jouer avec les voix, ce qu'il fait avec celle de Sonia Rykiel (« Un truc là qui claque ») et celle d'Alex Métayer (« Je te donne la tonalité ») : il coupe leurs mots, les disperse et les recolle sur des accords musicaux, pour recréer un rythme et une poésie dont lui seul a le secret. Et puis il réinvente les instruments à vent (« Rototo » : écoutez plutôt !), se lance dans un tango grave (« Contrebasse Tango »), se promène dans un opéra comme dans la garrigue (« L'opéra ») ou revisite la musique de supermarchés (« Cul-Cul Prisu »). Tout cela est fantasque à plaisir, mais c'est aussi du sérieux. Pour preuve, Maurice Béjart l'avait choisi pour plusieurs musiques de ses ballets, dont quelques-unes figurent dans l'album.
Hugues Le Bars crée des morceaux très inventifs, chacun très différent, et qui vous mettent une claque de joie dès la première écoute.
A découvrir de toute urgence. Si vous ne le connaissez pas encore, alors il est temps de combler ce manque !