Zappa, drôle de bonhomme. Bourré de talent mais d'une prolixité décourageante, d'autant qu'à une musique par trop extravertie, il avait la fâcheuse habitude de mêler d'incongrus borborygmes, et un cortège de bruits en tous genres, souvent d'un goût douteux.
Cet album, découvert grâce au bon Ramone et à la générosité de son ami Fred, me paraît un des plus maitrisés de la carrière sinusoïdale du père des Mothers. L'extravagance est certes là, au détour de quelques vagissements féminins à la signification équivoque (The Torture Never Stops, Ms Pinky). Mais globalement c'est assez homogène et fluide. Presque reposant ! Pas trop de cuivre et une rythmique assagie qui s'écoule avec une certaine volupté. Outre les morceaux sus mentionnés plus haut, au feeling un peu sulfureux, on retient le beau blues décadent et stridulant de Black Napkins, les feulements feutrés de Find Her Finer, les trémulations jazz-rock de Friendly Little Finger, le Hard Rock lascif débité à la tonne de Wonderful Wino, la délicieuse digression guitaristique éponyme (Zoot Allures) et pour finir un pastiche baveux de disco, non dénué d'humour et de pêche (Disco Boy). Une perle dans le désordre...