En 1975 sort Zuma dont la pochette est d'une laideur crasse. D'emblée, ça peut vouloir dire que le contenu est du même tonneau ? Et bien non, le canadien nous a gratifié, en 1975, d'un album superbe, bien dans le style sombre-torturé-électrique-puissant qu'on lui connaît sur Tonight's The Night (mais moins dépressif quand même) et On The Beach. On est donc loin du Neil d'Harvest et du folk, mais c'est inspiré et du vécu. Accompagné de Crosby (guitare), de Stills qui officie à la basse, de Tim Drummond (basse, batterie) et de Ralph Molina à la batterie, le « Loner » nous livre un Zuma, complètement rock & Roll, mais torturé dans les textes, torturé dans une voix nonchalante et blessée, torturé dans son jeu musical. Neil Young, au côté animal et à la guitare cradingue, panse ses blessures avec sa guitare. Et le cataplasme prend puissamment avec le rock musclé et sans fioritures de l'excitant Don't Cry No Tears (génial morceau), suivi d'un titre à te filer un coup de déprime, Danger Bird (un de ses meilleurs titres). L'agressif Drive Back, Barstool Blues et sa guitare qui hurle, le jubilatoire Stupid Girl alternent avec des ballades comme Pardon My Heart (acoustique), Looking For A Love, pop, et Through My Sails qui réunit CSNY. Mais le nec plus ultra de Zuma, c'est le lumineux mais sinistre et puissant Cortez The Killer (quel solo immortel !), l'avant dernier morceau. En conclusion, dans Zuma, Neil Young fait tantôt dans le gai, tantôt dans le noir. S'il n'est pas le plus connu des albums de Neil Young, il n'en demeure pas moins un disque varié, incontournable, d'un mec torturé et nostalgique. Qui plus est, le Crazy Horse est au top de sa forme.