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Écrit à la suite de la grande dépression de 1929, On achève bien les chevaux est le premier roman noir d'Horace McCoy. Ce texte intemporel, qui n'a rien perdu de sa force évocatrice, est une violente dénonciation du rêve américain. Particulièrement noir et désespéré, il s'attache à explorer l'envers du décor en décrivant la misère de ceux prêts à toutes les humiliations pour pouvoir gagner simplement de quoi survivre. Sidney Pollack en a tiré un très beau film avec notamment Jane Fonda dans le rôle principal. --Christophe Dupuis
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17 internautes sur 18 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Le premier vrai roman noir américain,
Par Jack Felson (Paris, France) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : On achève bien les chevaux (Poche)
Par rapport au roman policier classique, le roman noir se distingue par son atmosphère terrifiante et désespérée et par le fait qu'il ne fasse pas intervenir d'enquêteur chargé de résoudre l'énigme d'un quelconque fait divers.Avec ce premier roman, un chef-d'oeuvre absolu, Horace McCoy, qui a lui-même rejoint les rangs des figurants sans travail dès son arrivée à Hollywood en 1931, et qui a assisté à ces jeux du cirque des temps modernes, est le premier auteur à avoir oeuvré dans ce sens. Le personnage principal est un figurant hollywoodien qui, au moment où l'histoire commence, est sur le point d'être condamné à mort pour un crime qu'il a déjà commis. Le roman est construit de façon très originale, en fulgurants flash-backs supposés nous montrer ce qui a amené Robert Syverten à tuer Gloria Beatty, sa partenaire cynique et désespérée, de ce terrible marathon ponctué de 'derbys', de courses autour d'une piste ovale, semblables aux courses de chevaux. Ce petit livre d'une incroyable intensité (le meilleur qui ait été écrit contre Hollywood) a été ignoré à sa sortie en Amérique, en 1935, la mode étant à cette époque aux histoires de privés, de gangsters et de femmes fatales, et aux films d'aventures. Il a fallu attendre 1946 et sa publication en France pour qu'il soit apprécié et reconnu pour ce qu'il est, notamment par les existentialistes qui l'ont qualifié de "premier roman existentialiste venu des Etats-Unis". C'est aussi, et surtout, une caricature féroce du rêve américain et un réquisitoire contre l'exploitation de la misère humaine, qui montre les deux Amériques, l'une, riche et opulente, dans les tribunes du marathon, et l'autre, pauvre et misérable, sur la piste. Un terrible roman dont on se remet très difficilement. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Bien plus qu'un simple roman noir: une analyse et une critique sociale pertinentes,
Par Nastasia Buergo (France) - Voir tous mes commentaires (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR) (TOP 50 COMMENTATEURS)
Ce commentaire fait référence à cette édition : On achève bien les chevaux (Poche)
Au travers de ce livre, Horace McCoy a, à la fois le talent de choisir un élément anecdotique du fonctionnement d'une société (l'organisation des marathons de danse sur plusieurs semaines dans les années 1930 sur la côte ouest des USA) qui en illustre le principal dysfonctionnement (voyeurisme, cupidité, mercantilisme sur la vie des gens, etc.) et qui a donc une valeur de généralisation, mais également un talent de narration d'une redoutable efficacité.
Deux personnages, deux paumés, un homme et une femme, deux oubliés du rêve américain, qui cherchent désespérément une place de figurant à Hollywood se rencontrent par hasard. Gloria décide Robert à participer à un marathon de danse dont la prime semble bien dérisoire, à savoir 1000 dollars, mais 1000 dollars, au milieu des années 30, en Californie, quand on vient d'un trou perdu, c'est presque la fortune! La grande force de cette exemple réside dans le principe même de l'épreuve, vu qu'au moment où tous sont épuisés et auraient envie de jeter l'éponge, ils ont déjà tellement souffert qu'ils trouvent dommage d'arrêter si prêt du but, et du coup, tous re-signent pour un tour de plus de ce manège abject et sans fin, attraction sur la fêlure des gens, télé-réalité avant l'heure ou gladiateurs modernes, où l'on attend que l'un des concurrents s'écroule en refourguant au passage tout un monceau de pacotilles publicitaires. C'est donc bien une réflexion sur notre système actuel (j'écris en ce début de la décennie 2010) alors que le livre date de 1935, sur l'enfer du quotidien, sur la déprime que crée le système (Robert est pris d'extase à un moment, simplement à pouvoir contempler un coucher de soleil pendant quelques minutes) dont Gloria est le symbole. Elle dit à un moment qu'elle se sent trop fatiguée pour vivre et pas assez courageuse pour mourir. Du coup elle va implorer le coup de grâce à l'infortuné Robert, pauvre bougre et compagnon de descente aux enfers... Robert et Gloria, d'une certaine manière vont sortir de la route toute tracée, et cela, l'Amérique ne peut le supporter, et elle les broiera pour en faire des exemples. Les organisateurs du concours, tout cyniques qu'ils sont, représentent la force et la faiblesse de l'Amérique, à la fois douée d'une énergie folle pour s'en sortir et mais parallèlement peu regardante sur les moyens à utiliser pour atteindre cet objectif. Bref, un chef-d'œuvre absolu, fort, tonique et qui imprime l'inconscient. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
L'envers du décor hollywoodien,
Par J-michel Tartayre (Toulouse, France) - Voir tous mes commentaires (TOP 500 COMMENTATEURS) (VRAI NOM)
Ce commentaire fait référence à cette édition : On achève bien les chevaux (Poche)
Robert Syberten et Gloria Bettie se sont rencontrés devant l'un des studios de la Paramount. Elle rêve de devenir une star de cinéma, lui d'être le plus grand metteur en scène du monde. Pour tenter de se faire remarquer par quelque personnalité influente d'Hollywood, ils décident de participer à un marathon de danse ayant lieu sur une plage. Une épreuve de force à la mesure des ambitions du couple mais aussi du désespoir de Gloria, illustrant par là même l'absurdité du destin.
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