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Les aventures de Tom Sawyer" suffisent largement à établir la gloire de Mark Twain au panthéon des lettres américaines mais le lecteur aurait tort de passer à côté de la suite "Huckleberry Finn". On se souvient que ce garçon était le camarade pour les 400 coups de Tom et qu'à eux deux, ils avaient trouvé une somme d'argent rondelette leur assurant une vie confortable. Or, cette vie bourgeoise et convenue ne convient pas à Huckleberry, lequel s'empresse de prendre la poudre d'escampette en compagnie d'un esclave fugitif, tout cela sur un radeau le long du Mississippi. Ce fleuve, tout autant que Huckleberry, est l'âme de ce long roman et révèle l'Amérique profonde de cette seconde partie du XIXème siècle. Tout au long de leur périple vers le sud, les deux compères vont croiser la route de villageois naïfs, paysans madrés, malandrins, coquins, faussaires. Ces aventures donneront beaucoup de maturité à Huckleberry, lequel s'efforcera de libérer Jim de son esclavage alors qu'il est repris.
Cette maturité, l'auteur la fait sentir sur la fin lorsque le dénouement de l'histoire met à nouveau en contact Tom Sawyer et Huckleberry. Ce dernier est devenu réaliste alors que Tom vit dans un monde de rêve d'enfant. Toute la partie où ils cherchent à libérer Jim en reproduisant les schémas d'évasion des romans d'aventure met mal à l'aise, même si c'est sur le domaine de la farce. Tout est bien qui finit bien et par ce roman, Twain montre son point de vue abolitionniste avec force.
Ce roman est à lire dans cette nouvelle version élaborée par Bernard Hoeppner, dans laquelle le traducteur s'est efforcé de rendre au plus juste les expressions populaires parlées avec lesquelles Mark Twain s'est assuré sa popularité dans la littérature outre-Atlantique. Décapant.