Attention, cette histoire parodiée ne fait pas suite à la série de Blake et Mortimer.
Je suis fidèle et grand fan des vrais Blake et Mortimer depuis maintenant 35 ans. Après avoir découvert - je dois dire avec un réel plaisir le tome un -, je conseille de lire ce nouvel opus, tout aussi délirant et subtil que le premier, avec toutefois un bémol (d'où mes quatre étoiles) : il est moins rigolo ! Mais il faut reconnaitre qu'il est bien difficile de faire rire sur un scénario intellectuel et sérieux.
Les merveilleux personnages d'E. P Jacobs sont des hommes relativement austères, d'un sérieux à la limite de l'ennui, ce qui n'est pas une critique, puisque c'est une des caractéristiques de l'oeuvre de Jacobs, de faire de la fiction dans la réalité ! D'ailleurs, Jacobs allait jusqu'à se mettre en condition sur les sites de ses histoires, il se prenait également comme modèle, tout ça dans le but de bien s'imprégner de ses personnages !
Les deux compères Veys et Barral nous donnent un autre aspect de nos deux héros, celui que nous n'aurions pas pu connaitre dans l'oeuvre originale ! Après tout, Philip et Francis sont des hommes comme les autres, avec leurs émotions, leurs envies, leurs sexualités, leurs lubies et leurs dadas !
Cette facette, traitée avec grand tact et ironie, vient mettre un moment de détente dans l'histoire de nos deux héros. Je suis certain qu'avec sa fantaisie, Jacobs aurait aimé...
Le scénario brodé à partir du Piège Diabolique, est original, pas si abracadabrant que ça, un temps soit peu rigolo, bien ficelé et il tient la route ! Ici, Philip ne pense plus à manger comme auparavant, il a même fait un régime ! Il va rencontrer son double, qui lui est énorme... Quant à Francis, vieux garçon, toujours dans les jupes de sa mère, va rencontrer son double acteur de cinéma...
Les dessins sont comme dans le précédent : parfaits !
Ils ont poussé le luxe en respectant le format actuel de la série, l'épaisseur du papier, et même l'odeur de l'encre..., on se croirait dans un Jacobs... c'est comme si Edgar, dans un moment d'égarement et de folie douce s'était laissé aller...
Un grand moment de dérision !