Une fois qu'on l'a ouvert, on échappe difficilement à la magie de David Copperfield qui consiste à découvrir pas à pas toute la vie d'un homme, depuis la naissance et l'enfance jusqu'à lâge mur, l'accompagner dans sa découverte de la vie, avec ses hauts et ses bas, une enfance tour à tour heureuse puis malheureuse comem celle de Dickens,avant de trouver un tour plus prometteur, mais néanmoins marqué par les épreuves puis de se stabiliser enfin. Le roman est long, il ne se dévore pas en une nuit ni même un week-end, comme un roman policer, dont on ne se souvient souvent plus après qu'il soit consommé et consumé, mais plutôt à doses successives, un peu comme le découvraient les premiers lecteurs de Dickens, en feuilleton. C'est un livre qui demande du temps, mais auquel on revient toujours et que l'on n'oublie pas. Dickens est un auteur auquel on s'attache pour son art de raconter, son humour permanent et sa dénonciation de l'injustice sociale. Certes, il utilise parfois certaines facilités et abuse des coïncidences, mais comme le faisait très justement remarquer Borges, "lire quelques pages de Dickens, se résigner à certaines de ses mauvaises habitudes, à son sentimentalisme, à ses personnages mélodramatiques, c'est se faire un ami pour la vie". La traduction de Sylvère Monod, qui a consacré sa thèse à Dickens et traduit plusieurs de ses oeuvres est agréable et fluide. Elle ne suscite guère d'observations, si ce n'est pour les termes d'"avoué-procureur", qui demeurent mystérieux et antinomiques en français et ne rendent pas bien compte du rôle des sollicitors par rapport aux barristers.