La bête est morte est une BD exceptionnelle par son sujet, par l'époque à laquelle elle a été publiée et par son dessinateur.
Le sujet c'est la deuxième guerre mondiale, mais une guerre transposée chez les animaux. Les événements les plus importants sont narrés avec un certain sérieux historique, mais surtout avec une dérision extraordinaire. La réédition combine les deux tomes qui ont été publiés juste à la libération (1944 et 1945). La jubilation qu'ils expriment est celle de la France libérée. Le dessinateur c'est Calvo, un maître du dessin humoristique de l'entre deux guerre (caricaturiste au canard enchainé), génialement et librement inspiré par les albums animaliers de Benjamin Rabier, mais aussi par la truculence dessinatoire d'un Dubout. Autant dire que le dessin est un régal pour les yeux. C'est un véritable feu d'artifice d'imagination, il fait exploser les vignettes, avec des trouvailles pleines de poésie et d'humour. On pense aussi à Tex Avery pour le dynamisme et le cynisme de certains gags. Au total une réussite à tous les points de vue.