Je me sens triste à la fin de cette lecture, et plein de tendresse pour monsieur Dylan. Ce que j'ai aimé avec cette biographie, qui constitue une très jolie fresque, c'est qu'elle positionne le lecteur en tant qu'observateur. Nous ne sommes pas vraiment aux côtés de Bob Dylan, mais aux côtés de l'auteur dans son observation du mythe à travers le temps, à travers la distance. Nous voyageons donc dans le temps à ses côtés, des années 60 aux années 70, 80, 90, 2000, nous assistons à l'évolution du poète et de l'artiste Dylan, à travers plusieurs contextes, sociaux, politiques, sentimentaux, familiaux, et tout ça de façon parfaitement objective, puisque même les aspects les moins agréables du musicien sont mis en évidence, quoi que souvent sur le compte de la jeunesse, de la fatigue, de l'usage de drogues pour tenir en tournée, sur le compte d'un succès phénoménale - plus intellectuel et culturel que commercial d'ailleurs - et de sa relation très houleuse (sorte de "je t'aime moi non plus" jamais vu) avec une certaine partie de son public et de la presse, dans le milieu des années 60 notamment, car ça n'est plus le cas aujourd'hui, Dylan étant plus que jamais attaché à son public, et réciproquement. Donc voilà, j'ai adoré, j'ai fait un beau voyage dans l'univers épique et poussiéreux de la musique (traditionnelle) américaine - avec découverte de plein d'artistes et de légendes oubliées - et de l'un de ses plus grands représentants, et j'en reviens ému et avec un plein d'affection encore plus grand pour le "vieillard" que j'ai eu la chance de voir deux fois en concert.
Petite préférence pour la deuxième partie du livre, avec un Dylan entre 50 et 70 ans absolument adorable, attachant, toujours très créatif, et peut-être plus complètement impénétrable. Tout simplement génial.