La mère et ses deux enfants, Joseph qui a vingt ans et Suzanne qui en a seize, vivent, ou plutôt survivent, dans leur bungalow à l'autre bout de la planète, une colonie française.
Leur concession est incultivable car envahie chaque année par l'océan et son sel qui brûle tout sur son passage.
Le barrage du titre est construit et détruit bien avant le début du roman, et ne sert que de vague fil rouge, un peu comme les mailles d'un filet qui serait la dernière chose à pourvoir retenir la sanité mentale de la mère.
Car elle n'a pas toute sa raison cette mère, son esprit semble avoir été brûlé comme la terre par les marées, et l'on se demande ce qui la tient encore en vie si ce n'est la présence de ses enfants.
Ces enfants, jeunes adultes qui ne rêvent que de s'échapper de ce taudis, par tous les moyens mais sans trop savoir comment s'y prendre ni par où commencer.
Et comme dans toutes les histoires qui méritent d'être racontées, il suffira d'une rencontre pour que change leurs trois vies.
Ce que j'ai aimé dans ce livre, ce sont les quelques fou-rires que l'on surprend soudain au milieu de cette misère. Un rire qui est à la fois moqueur et libérateur, un rire qui nous rappelle que même dans la pire des misères on reste un être humain tant que l'on sait encore rire.
Ce qui m'a troublé c'est l'admiration presque incestueuse de Suzanne pour son frère Joseph, et ceci de la première page jusqu'à la dernière ligne du roman.
J'aime aussi cette description du colonialisme où tout n'est pas blanc, contrairement aux habits du parfait bourgeois colonialiste.
Il y a dans ce roman comme un espoir. Un espoir perdu, un espoir étouffé voir étouffant, désespérant par moment, mais toujours un peu présent.