2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Renaud au zénith (de sa carrière), 27 juin 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : A la belle de mai (CD)
Si l'on analyse l'imposante carrière de Renaud, on peut y distinguer quatre périodes. D'abord la période "loubard", qui inclut les albums de jeunesse, dont "Place de ma mob" et "Marche à l'ombre" constituent les sommets. Ensuite la période "succès", qui marque l'apogée du chanteur énervant en terme d'inspiration et de popularité (citons les albums "Morgane de toi" et "Mistral gagnant"). Avec un peu de méchanceté (mais qui aime bien châtie bien), je qualifierai la dernière période ("Boucan d'enfer" et "Rouge sang") de période "noire", tant Renaud semble avoir perdu sa plume en même temps que sa voix. Avant ces disques inutiles (mais pourtant très bien vendus), on remarque deux albums discrets, mais majeurs, qui forment à mon sens l'avant dernière période du chanteur: "Marchand de cailloux" et "A la belle de mai", que je qualifierai d'albums de la maturité, avec des textes gagnant en subtilité et des compositions lorgnant vers l'acoustique.
On s'attardera sur "A la belle de mai" (1994), que l'on peut sans hésiter qualifier de meilleur album de Renaud. Les textes représentent la quintessence de sa philosophie, avec un regard plus nuancé (le manichéisme était un peu son péché mignon). Dès la première plage (La ballade de Willy Brouillard), l'auteur de "Où est-ce que j'ai mis mon flingue?" nous surprend en traçant le portrait émouvant et compassé d'un petit flic de banlieue, dont la vie n'est pas plus rose que celle des délinquants qu'il traque. Leur ennemi commun est l'état, les grands de ce monde, les "gangsters du pouvoir". Ce thème apparaît en filigrane dans "A la belle de mai" (portrait ironique de Tapie), et surtout dans "Adios Zapata" et "Lolito lolita", deux modèles de chansons engagées. Les institutions comme l'armée et l'église sont toujours brocardées, mais au détour de textes poétiques et de musiques tendres (Le petit chat est mort, La médaille), de sorte que le message passe encore mieux. Au rayon des chansons plus personnelles, on est séduit par "Cheveu blanc", où Renaud poursuit les chroniques de sa vie intime, commencées avec "Chanson pour Pierrot" et "En cloque". Ici, c'est un regard lucide et amusé sur la fin de sa jeunesse, à travers l'apparition de son premier cheveu blanc. Enfin, on reçoit avec plaisir des nouvelles de Lolita, aujourd'hui collégienne (C'est quand qu'on va où?) et en proie aux premiers flirts (Mon amoureux). Deux chansons irrésistibles, où Renaud parle au nom de sa fille, procédé qui avait fait mouche dans "Marchand de cailloux". Enfin, comme point culminant de cette excellente cuvée, on retiendra "Son bleu", peut-être la plus belle chanson de l'album, qui évoque avec pudeur la fin du monde ouvrier. Bernard Lavilliers approfondira ce thème avec "Les mains d'or".
Renaud constate que le monde a changé: les policiers ne sont plus forcément antipathiques, les chômeurs ont remplacé les prolos, les généraux assassins ne sont plus que des statues. Renaud a changé aussi (son premier cheveu blanc). Lolita également (son premier amoureux). Et le public de Renaud un peu aussi, puisque "A la belle de mai" sera son album le moins vendu. Raison de plus pour le réécouter!!!
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui
Non
2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
S'il n'en reste qu'un..., 8 novembre 2004
Ce commentaire fait référence à cette édition : A la belle de mai (CD)
S'il n'en reste qu'un, ce sera celui là. Vraiment. "A la belle de mai" est un album extraordinaire à tous les niveaux. Les paroles, engagées à souhait, donnent des frissons ("La médaille", "Lolito Lolita", "Adios Zapata!", "Son bleu" et "C'est quand qu'on va où?" notamment)et éveillent, exacerbent notre conscience d'être humain. Comme l'écriture de Renaud est toujours aussi pointue, belle, riche et incroyablement talentueuse, on ne peut que fondre. Et la musique me direz-vous? Eh bien la musique, elle, colle aux paroles de manière exquise et incroyable. Les compositeurs (Renaud n'a composé que 3 musiques pour cet album)qui ont contribués à l'élaboration de ce disque ont tout compris à l'esprit de Renaud.
Pour finir, on ne peut pas parler d'"A la belle de mai" sans évoquer le son. Cet album a UN son singulier et qui charme nos oreilles.
S'il n'en reste qu'un? Ce sera ce Renaud.
Viva Zapata, Pancho Villa, Che Gevara y Renaud!
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui
Non
2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
exellent, 17 novembre 2003
Ce commentaire fait référence à cette édition : A la belle de mai (CD)
Exellent dans les textes très touchants, exellent dans la mélodie a laquelle la poesie de renaud colle parfaitement, exellent dans l'émotion que dégage cet album notament dans "son bleu" ou encore "la médaille", ou on y retrouve un Renaud attristé par les douloureux évenements passés et présents de ce monde.
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui
Non