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11 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Quel est l'homme ? Quelle est la bête ?, 10 septembre 2007
Que choisir entre un pasteur tout autant défroqué, vodkaien que priapique et un ours qui se balade une planche à repasser sous le bras quand il n'hiberne pas ? L'on pourrait parler d'un voyage initiatique (ne le sont-ils pas tous ?) autour de l'Europe, du Démon de midi ou du Bazar des religions ? Les aventures du pasteur Huuskonen... Un théologien qui règne mollement sur sa paroisse, tient tête aux hommes, se heurte aux femmes, et fait l`amour à Sonia et Tania sous prétexte d'endormir son nouveau fils : un ourson brun tombé du ciel. Cela le mène bien loin. Mais au fond, quand on prêche que Jésus était un redoutable guérillero, quand on suggère que l'hibernation généralisée des humains serait un grand progrès social, et que l'on promeut sans vergogne la pratique du javelot ascensionnel, c'est que l'on aspire quand même à un destin hors du commun !
Chatouillements et papouillements... La croisière coule pieusement tandis que les ET nous parlent ! L'auteur et sa traductrice expriment fortement une atmosphère qui tangue entre réel et surréel, en passant par la description ethnologique, le questionnement, l'humour, le cynisme et l'hilarant. La fable du pasteur Huuskonen et de son « bestial serviteur » l'ours Belzébuth pose le problème : qui est le serviteur de qui ? Appendre ? Apprivoiser ? Pédagogiser ? Comment nommer le fait qu'un ours sache se baigner, aller aux WC, repasser, cuire un aeuf sur le plat, servir au restaurant ? Rien d'étonnant : « Un ours a la force de neuf hommes et l'intelligence de deux femmes ». Comprenne qui pourra. Belzébuth, lui, a tout compris, surtout à faire le dévot, dans toutes les religions, et dans toutes les versions. L'ours n'est-il pas la réincarnation de Jésus-Christ ?
Un livre passionnant, positif, qui se lit comme une BD. Et beaucoup plus profond qu'il n'y paraît. Mais attention : il ne faut jamais réveiller un ours qui dort !
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7 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Etrange, mais bon !, 16 novembre 2007
(...)
Arto Paasilinna a un style très étrange. Avec lair de ne pas y toucher, il raconte une histoire en apparence guère intéressante pour laquelle on se passionne tout doucement. Difficile dexpliquer pourquoi. Les aventures du pasteur ne sont pas spécialement extraordinaires, le style ne paraît pas particulièrement génial et pourtant... Une fois commencé, et passé les premières pages on se prend au jeu et on na plus envie de lâcher le bouquin.
Certaines critiques ont dit que ce livre était drôle. Bizarre car jai souris à de rares moments, mais pas ris du tout. Par contre, on peut voir ce livre comme une fable ou plutôt un conte à la manière de Voltaire. On y voit la grandeur et la médiocrité de lHommes rassemblées en un jeu de personnages dont les réactions un peu étranges et déconcertantes sont à familières à notre esprit et perturbantes toutes à la fois Alors, si vous avez lâme vague, la pilosité terne ou la langue empâtée, vous devriez vraiment jeter un ½il à ce livre sans doute ne vaut-il pas une séance de thérapie mais enfin, il fait quand même du bien au c½ur.
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6 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
A prescrire comme antidépresseur, 30 avril 2008
Autant le dire d'emblée, je ne me souviens pas d'avoir autant ri en lisant un roman. Et j'insiste: je n'ai pas souri, je n'ai pas eu un petit rire, j'ai ri aux éclats, d'un rire franc et libérateur!
Le rire naît de la maîtrise par Paasilinna du genre difficile qu'est le réalisme fantastique. On part d'un postulat improbable: un pasteur luthérien finlandais, alcoolique et coureur de jupons, hérite d'un ourson orphelin à qui il apprend à repasser, à préparer des cocktails et à servir l'office. Or, dans le roman, tout le monde a l'air de trouver cela normal. L'hilarité naît en partie du contraste entre la description d'une situation pour le moins fantastique et les dialogues où personne n'a l'air de s'étonner de rien. Dit comme cela, ça paraît vain et facile, mais je peux vous assurer que c'est efficace.
Ajoutons aussi une satire incisive, mais jamais méchante, des appareils cléricaux et de la mode de l'oecuménisme, ainsi qu'une touchante célébration de l'amitié masculine, l'ours Belzéb n'étant finalement que le bon copain que tout le monde rêverait d'avoir. "On a toujours besoin d'un ours", comme le proclame le roman!
C'est drôle, mais c'est aussi émouvant, et l'on se prend à la fin à être touché par les mésaventures de ces drôles d'oiseaux et par se faire du souci quand Belzéb est séparé de son maître sur l'île de Malte.
Ajoutons aussi que la traduction française de Madame Colin du Terrail est superbe.
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