Immerseel, et son armée d'instruments "d'époque", nous livre un Ravel proprement inouï (dans tous les sens du termes). Le chef suit scrupuleusement, absolument toutes les indications du compositeur, jusqu'au plus infime micro événement, les indications de rythme, de tempo, de dynamique révèle des finesses, des détails jusque là insoupçonnés (inaudibles?). Le résultat est stupéfiant: magnifique concerto pour la main gauche (les sonorités splendides des instruments à vent - contrebasson!- donnent le frisson) avec un piano Erard de toute beauté, incroyable Boléro (tempo tenu et inamovible ainsi que l'exigeait le compositeur: cela paraît plus lent que dans certaines versions, mais c'étaient là les intentions de Ravel, "un longue plainte andalouse" plutôt qu'un festin orgiaque) où les vents sont absolument splendides (factures françaises début du siècle).
Un disque enchanteur et passionnant.