Charles, un très jeune orphelin de dix ans va être receuilli par une certaine Mac Miche, femme tyrannique et sans pitié qui l'a pris sous son aile dans le seul intêret de lui soutirer son héritage. Dernier long métrage de Jean-Claude Brialy tournée pour le cinéma (Il officiera ensuite encore derrière la caméra pour quelques téléfilms) et première et unique adaptation à ce jour d'un des plus célèbres roman de La Comtesse De Ségur, ce film fut massacré par une bonne partie de la critique. En cause selon eux, le trop grand académisme du scénario par rapport au bouquin et la désuétude de la direction des scènes. Ils n'ont apparemment pas du le visionner avec les cils pleinements ouverts. Certe, on ne navigue pas ici dans un branle-bas de mise en scène d'un film essentiel du septième art, mais l'ensemble offre un résultat plutôt acceptable qui justifie qu'on s'y arrête, à défaut de vouloir y repasser. Beaucoup de sarcasmes, d'humours et de réalismes se glissent dans le script. L'enfance malheureuse est décrite à l'encre indélébile et la cruauté des enjeux sadiques des protagonistes tyranniques se déroule sans la moindre concession adouci. Et Jean-Claude a même empanaché la dureté du propos en dégainant de son objectif des actes encore plus durcis qu'a l'intérieur du livre. Ici, pour exemple, les punitions corporelles se font à même la chair vive. Une scène montre carrément une rangée de petits garçons déculotté en attendant de recevoir de terribles coups de fouets ! Et on a beau être attentif, il n'y a pas le moindre signe d'affection sur le visage de "l'infâme" (Superbement interprété par Alice Sappritch) Seul la bonne à tout faire va offrir un minimum de tendresse à Charles. Envoyé à un moment donné dans un orphelinat, le garçonnet ne va pas voir ses conditions de vie amélioré. Seul le décès de sa tutrice va être une porte de sortie définitive vers la joie de vivre. A noter, la présence insolite de Paul Préboist accompagné de son frère et qui apparaisses dans les plans de l'orphelinat. Quelques longueurs à la fin tout de même, ou il ne se passe pas grand chose, avec un réalisateur ayant visiblement voulu "gagner" de la pellicule pour que son film atteigne les quatre vingt dix minutes. Aussi, un plagiat assez grotesque d'une des scènes de "Zero de conduite" (Les "flocons" de mousses de la bataille de polochons) et une musique qui a tendance à nager dans la guimauve. Mais ce film me parle tout particulièrement, l'acteur jouant dedans ayant le même âge que moi au moment du tournage (Dix ans, à l'été 1983) Et puis que voulez vous, le charme indéniable de l'enfance ! En dépit d'un quelconque aspect cinématographique grandiose ou marquant, un bon moment de détente et de nostalgie.