Dans cet ouvrage réside une oeuvre relativement complète sur le thème de la lenteur, malgré une "methode américaine" relativement décevante pour un auteur français amateur de littérature classique, en ce sens où l'auteur prodigue des conseils, énumérés et classés selon une méthode prétendue implacable, à la manière d'un "le pouvoir de persuasion" ou "l'art d'avoir toujours raison", des recettes pour mieux vivre, mieux survivre ou mieux profiter. Un titre prometteur mais néanmoins décevant, car l'auteur prône trop facilement ses convictions plutôt qu'un esprit critique sur le monde urbain actuel et qu'une ouverture d'esprit sur une manière plus simple de vivre, plus "lente". En outre, il est aussi décevant dans la mesure où on aurait pu s'attendre à un traité relativement objectif, à la manière d'une étude scientifique -dans le sens sociologique voire philosophique du terme- alors qu'on est en présence d'un éloge de la vie rurale (ainsi que d'une courte initiation à l'art de l'oenologie) ; ou à l'expérience d'un homme, mais à défaut de développer ou de chercher plus en profondeur, l'auteur nage en surface, divague, et l'essai finalement s'apparente plus à un produit marketing qu'au produit de longues heures de travail, et l'ensemble déçoit. Là où un anticonformiste latent espérerait trouver un essai lucide et peut être légèrement virulent envers les partisans de la vie "productive" et de la nouvelle économie, de la société médiatisée et du "cybercapitalisme", il n'y trouvera que... lenteur. D'esprit, malheureusement, car l'auteur est prompt à nous rappeler ses convictions de bon vivant, de buveur de vin et de français "du terroir".