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6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Génial ! A pleurer de rire !,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le bourg de stepantchikovo et sa population (Poche)
Que j'ai ri, mon Dieu, que j'ai ri ! Ce livre est un pure merveille, un immense chef-d'oeuvre de Dostoievski. Figurez-vous - mais rien que d'y repenser, je m'esclaffe - cet imbécile de Iégor Ilitch Rostanev. Mais c'est un brave homme ! Ah, n'allez pas me faire dire ce que je n'ai pas dit ! Il est brave de chez brave, vous ne trouverez nulle part son pareil. Mais bon, c'est un imbécile tout de même, il n'empêche. Donc Iégor Ilitch est retraité de l'armée, et il est sous la coupe de sa maman, la générale. Mais celle-là, ça lui est monté à la tête, de devenir générale, et depuis, elle tolère tout et n'importe quoi de Foma Fomtich, c'en est une honte. Enfin, il faut lui pardonner à elle aussi, tout comme il faut pardonner à Stépan Alexéïévitch Bakhtchïev, à Anna Nilovna Pérépélitsina et à tous les autres habitants de cette maison de fou, car ce sont de belles âmes russes, de celles qui peuvent se fâcher à mort avec vous pour une broutille, et qui l'instant d'après se jettent dans vos bras en larmes, beuglant que vous êtes les plus excellents des hommes et qu'ils sont moins que la semelle de vos bottes. Vous, vous restez coi. Quoi, qu'est-ce qui s'est passé, qu'est-ce qu'il vous a fait ? Vous ne vous en souvenez même plus : le bonhomme était parti dans un délire tout seul. Enfin, bon, tutti contente, et c'est ce qui compte. Lisez et relisez donc ce livre, ce récit invraisemblable de deux jours de folie dans une maison de campagne russe. Il vous mettra en joie jusqu'à la fin de vos jours. Comment se fait-il qu'on n'en ait pas encore tiré un film ?
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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Un excellent roman peu connu de Dostoievski,
Par Géraud (PARIS France) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le bourg de stepantchikovo et sa population (Poche)
Feodor Dostoievski a ecrit ce court (380 pages pour Dostoievski c'est court), a sa sortie du bagne, comme un coup d'essai avant de s'attaquer a "Humilies et offenses", roman tres noir.Il est alors amusant de lire ce roman, tres drole, qui decrit un neuveu venu de Petersbourg rendre visite a son oncle bienfaiteur a la campagne qui lui a envoye une lettre l'informant de son mariage. Il s'en suit la description du bourg que possede l'oncle, et qui est proche d'un asile de fou dirige de main de maitre par Foma Fomitch, tartuffe moderne et capricieux vieillard admire par tous... et toutes. Il s'agit la d'un roman merveilleusement drole, tres bien ecrit, tres distrayant. Une perle rare inconnue dans l'oeuvre de Dostoievski. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Le surprenant petit théâtre de pantins de Dostoïevski,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le bourg de stepantchikovo et sa population (Poche)
Ecrit par Dostoïevski après avoir purgé sa peine de 4 ans au bagne en Sibérie ( un séjour qu'il raconte dans les incroyables "Souvenirs de la Maison des morts" ), le "Bourg de Stépantchikovo" est un veritable OVNI dans la production littéraire de l'auteur russe. On se demande quelle peut bien avoir été la genèse de cette courte oeuvre absolument délirante dans laquelle Dostoïevski prend un malin plaisir à se moquer de la petite noblesse de province, une oeuvre qui pourtant jure à côté des oeuvres réputées "sérieuses" de l'auteur
"Le Bourg de Stepantchikovo" nous raconte donc l'histoire d'un jeune homme, le narrateur de cette drôle d'histoire, qui doit partir chez son oncle pour éposuer une jeune gouvernante. Le porblème c'est que la maison de l'oncle Rostanev est devenu une véritable maison de fous qui vit dans la crainte d'une sorte de Tartuffe des temps modernes, Foma Fomitch Opiskine, un ancien domestique qui a pris les rênes de la maison en réussissant à faire accepter sa présence par les véritables propriétaires de la maison... Mais comme dans toute bonne comédie, tout finira bien, même pour l'"ennemi" Foma Fomitch... Même si "Le Bourg" est une oeuvre mineure de Dostoïevski, il n'en est pas moins riche de très nombreuses qualités. On gardera surtout en mémoire l'énergie qui parcoure toute l'oeuvre et qui ne baisse jamais d'intensité pendant les deux journées durant lesquelles les problèmes vont se faire et se défaire. C'est peut-être là l'aspect le plus déconcertant de cette oeuvre : on a plutôt l'impression d'avoir affaire non pas à un roman mais plutôt à une sorte de pièce de théâtre dont les dialogues auraient été romancés. Mais peut-on vraiment appeler cette "pièce" une comédie ? Oui, parce qu'elle se finit bien, mais il faudrait aussi épicer un peu le terme en rappelant tous les éléments à la fois burlesques et grotesques voire à la limite du grand-guignol ( comme la colère du général Rostanev au moment du final ) qui jalonnent tout le récit... Les personnages sont tout aussi déconcertants : on dirait qu'à part le héros, Sergueï, un jeune citadin dont on ne sait finalement pas grand chose ( on ignore même à quoi il ressemble ) et peut-être la jeune gouvernante Nastenka prise malgré elle dans le tourbillon généré par Foma Opiskine, tous les autres personnages ont vu le trait de personnalité qui les caractérisent poussé jusqu'à l'extrême ( qu'il s'agisse de la folie, de la médiocrité, de la naïeveté ou de la colère ). Le personnage de Foma Opiskine vaut à lui seul le déplacement. Le rapprochement avec Tartuffe est légitime : Opiskine est un cousin du personnage de Molière du fait qu'il réussit à se faire accepter et reconnaître comme propriétaire par ( presque ) tout le monde ( il gagne une autorité parallèle à l'autorité légitime du maître et plus forte qu'elle ), et surtout par les propriétaires eux-mêmes. Mais la comparaison s'arrête là. Car on sent que Foma Fomitch croit à tout ce qu'il dit ou fait ; sa manière bien à lui de se plaindre qu'on l'humilie paraît bien réelle. C'est peut-être là ce vers quoi Dostoïevski veut nous faire réfléchir, à travers le personnage de Foma : comment se manifeste le respect que l'on doit à autrui, que l'on doit à ceux que l'on traîte comme des inférieurs ; Foma Fomitch est un ancien domestique humilié qui se venge en gagnant le respect des maîtres et en poussant le respect qui lui est dû à l'excès... Même si "Le bourg" paraît bien peu de choses à côté des "Souvenirs de la Maison des morts" écrits en même temps, il faut tout de même reconnaître de belles qualités à ce court roman, très bien servi par la traduction de Markowicz, qui a le mérite de nous apporter un éclairage insolite sur l'oeuvre de Dostoïevski... Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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