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Commentaires client les plus utiles
4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Classique immédiat,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : La brève et merveilleuse vie d'Oscar Wao (Broché)
Waouh ! On ne peut s'empêcher de pousser des cris d'admiration au tour de force réalisé par Junot Diaz avec ce roman, justement couronné par le prix Pulitzer 2008. Diaz (né en 1968) est un écrivain du New Jersey, natif de la République dominicaine et qui s'était révélé avec un brillant recueil de nouvelles, Los boys, paru en 1996. Ce roman, quoique court, se lit comme un classique instantané promis à un brillant avenir.De quoi est-il question ? Essentiellement d'Oscar Wao, jeune homme obèse et passionné de science-fiction, de comics et de pulp culture, qui ambitionne rien moins que d'être le Tolkien des Antilles. Le drame d'Oscar est d'être dépourvu d'attrait pour la gent féminine, envers laquelle il est pourtant passionné. Cet otaku, ce nerd, cet asocial nouera pourtant une passion fatale envers une prostituée également liée à un policier dominicain - ce qui aurait en toute logique dû le dissuader de toute entreprise en ce domaine. Mais le roman ne se borne pas à Oscar. Les chapitres sont portés par d'autres personnes : sa soeur Lola, Latina émancipée; un ami, qui essaie de le sortir de sa chambre de nerd de l'université de Rutgers; et surtout sa mère et son grand-père qui ont grandi dans le St Domingue du dictateur Trujillo, également dépeint dans le chef d'oeuvre de Vargas Llosa La Fête au Bouc, dont La brève et merveilleuse vie d'Oscar Wao fournit un utile complément. Pourquoi Oscar Wao est-il un chef d'oeuvre ? Pour son style, qui allie le parler le plus populaire avec l'invention la plus débridée. Diaz fait en quelque sorte subir à la langue anglaise le métissage que les brillants romanciers anglo-indiens lui ont déjà offert. Mots et expressions en espagnol abondent, formant un "spanglish" rayonnant. Ce sont aussi les références permanentes à la sous-culture - ou considérée comme telle - des comics, des séries TV de science-fiction, des obscurs auteurs de pulp qui font le prix du roman. Evidemment, si vous ne savez pas qui est Unus l'intouchable ou quels sont les adjoints du capitaine Kirk, vous serez parfois déconcertés et manquerez le sel de moult métaphores. L'étonnant, encore une fois, est ce mélange détonnant de parler quotidien et familier et de subtiles comparaisons et jeux avec la langue. Un peu comme si le Queneau de Zazie dans le métro s'était attaché à plonger celle-ci dans le grand bain de l'histoire et de ses drames. Traduction exceptionnelle - à laquelle on ne peut que reprocher le manque de notes explicatives. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Un style atypique pour un grand roman,
Par Johana D. (Paris, France) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : La brève et merveilleuse vie d'Oscar Wao (Poche)
Difficile d'accès au début tant le style est poussé à l'extrême, ce roman se révèle être une très bonne surprise.A la fois tendre et cruel, le récit retrace le parcours d'Oscar, un jeune Dominicain obèse à la vie plus que pathétique. On se prend à s'attacher à ce garçon, à sa famille aussi, malgré les travers de chacun. Une famille dont le destin est à jamais bouleversé par le régime de Trujillo. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
La fête au Book,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : La brève et merveilleuse vie d'Oscar Wao (Poche)
Avant d'ouvrir ce livre, pensez à vous équiper en conséquence : sac à dos et provisions car vous ne le lâcherez plus et surtout, machette pour dans un premier temps, vous frayer un chemin dans cette jungle lexicale.Car Junot Diaz invente quasiment un style, ce qui est plutôt rare. Mais en plus, ce style est puissant, nous possède à l'usure, et c'est au bord de l'ivresse que l'on pénètre enfin dans ce livre. Inutile d'espérer une issue convenue, le fukú -le destin tropical- va engluer les personnages dans une fatalité implacable. Faut il également le préciser : le titre est ironique. La vie d'Oscar est brève et si peu merveilleuse qu'on peut même douter qu'elle ait vraiment commencée. Car ce héros n'en est pas un. Véritable puceau de compétition, prisonnier de son corps et de son splendide isolement, il finira happé par la force mortifère et centrifuge de son pays d'origine C'est un leurre que le roman agite. Et bien plus que le jeune et pas-beau Oscar, ce sont les femmes de la famille Cabral et le pays théâtre de leurs illusions, qui vont illuminer ce récit. Les femmes sont fortes : la saeur Lola, la mère Belicia et la grand mère adoptive La Inca, se voient exister bien au delà d'Oscar et sont les vrais hommes issus d'un terreau machiste. L'autre acteur principal du livre est aussi sa principale toile de fond : la République dominicaine. « La fête au Bouc » de Vargas Llosa était déjà un remarquable reportage fictionnel sur la vie du dictateur Trujillo et de sa bande. Mais en faisant voler en éclats tous les codes narratifs, Junot Diaz expose de façon encore plus frappante, cette longue et triste parenthèse de ce pauvre pays caraïbéen. Le style, ébouriffant et décousu, bâti à la truelle, rythme jusqu'à la syncope, cette partie de l'histoire, la rendant irréelle comme seules peuvent l'être ces périodes cauchemardesques qui en toute logique ne peuvent exister, mais existent pourtant. Les récits se croisent alors, comme les destinées, lardés de coups d'une « langue » nourrie de références bédéphiles, et science-fictionnesques, d'expressions argotiques issues de la rue et en particulier des trottoirs hispaniques. C'est un voyage halluciné qui vous est proposé, au caeur de cette île maudite et de la famille Cabral qui en sont les pauvres satellites, déracinés, déboussolés, puis détruits par le destin. Si vous cherchez à raisonner, à tout comprendre, à nager dans ce roman qui, tel un torrent de boue vous enserre inexorablement pour vous étouffer, vous êtes perdu. Par contre, dès que vous acceptez de perdre pied, c'est un moment de pur abandon particulièrement jouissif. Il est possible que l'on reste rétif, extérieur à ce livre. Indifférent, cela me paraît plus difficile. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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