« La campagne de Julien en Perse, 363 après J.-C », de Catherine Schmitt nous conduit dans l'Orient antique. L'auteur, après un rapide portrait psychologique de l'empereur Julien, consacre le c½ur de son ouvrage à reconstituer, jour après jour, le fil des événements qui ont émaillé la campagne offensive puis la retraite de l'armée romaine au c½ur de la Perse des Sassanides. Les cartes, fournies dans le cahier central d'illustrations sont très explicites et permettent de suivre précisément l'itinéraire des soldats romains, en fonction de différentes hypothèses envisageables. Le récit des combats ou des sièges est quand à lui traité de manière (trop) académique, sur la base des sources habituelles. Le livre de Catherine Schmitt met par ailleurs en évidence l'importance de l'empereur Julien dans le déroulement de la campagne. Son habileté en tant que général, qui peut surprendre au regard de sa formation de philosophe, est bien réelle. Mais l'empereur a aussi des défauts, notamment une certaine agitation, plus ou moins bien maîtrisée, et une volonté d'égaler Alexandre, pour marquer les esprits et permettre de faire avancer ainsi plus efficacement ses projets religieux, qui le poussent parfois à l'erreur. C'est enfin la mort de Julien - l'auteur pense qu'elle est bien l'½uvre d'un soldat perse - qui transforme la retraite de l'armée en déroute diplomatique.