Deux des plus importants personnages politiques du XIXème siècle, du moins pour l'influence qu'il auront sur leur temps, se partagent ici l'affiche. Tout d'abord Napoléon Bonaparte, que l'on ne présente plus, qui s'est conquis de farouches admirateurs y compris dans les pays anglo-saxons, mais que l'on présente aujourd'hui sous un jour moins glorieux, du moins plus réaliste et moins drappé de mythe. Et puis Carl von Clausewitz, officier prussien, puis engagé volontaire dans l'armée du tsar pendant les guerres révolutionnaires puis napoléoniennes, qui inspirera la conduite militaire prussienne jusqu'en 1914. C'est dire de son importance. A côté de son De La Guerre, sorte de pendant très complet mais parfois indigeste de l'oeuvre de Sun Tzu (l'Art De La Guerre), cette analyse de la campagne de Napoléon en Italie, la première sous le grade de général, nous permet de comprendre l'originalité de cet homme visionnaire et plein de ressources, mais aussi de replacer à leur juste valeur les généraux sur lesquels il s'appuyait. Et au-delà, mieux cerner les italiens d'alors, méprisés par Bonaparte, tiraillés entre combats partisans et soumission à l'occupant. Une analyse très fine et puissante qui montre le peu de cas que devrait faire la chose militaire du hasard. Un ouvrage passionnant, chronologique, très bien documenté, même si l'on regrette que les archives de l'armée autrichienne n'aient jamais été vraiment exploitées. A lire en suivant, bataille après bataille, avec de bonnes cartes pour ne pas se perdre.