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Le capitalisme est-il moral ?
 
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Le capitalisme est-il moral ? [Broché]

André Comte-Sponville
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Broché, 4 février 2004 --  
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Il est loin, désormais, le temps où l’on s’affrontait sur la question de la valeur du capitalisme : d’un côté, les marxistes, en rôle d’accusateurs, voyaient en lui un mode de production fondé sur l’exploitation de l’homme, engendrant certes des richesses mais toujours inégalement réparties ; de l’autre, les libéraux, dans une position plus cynique, tentaient de justifier l’inégalité en en faisant une des conditions de l’enrichissement des nations. Depuis l’effondrement de l’économie du bloc soviétique, le capitalisme paraît s’imposer comme un fait nécessaire et universel. L’heure est à ses louanges, au point que, par une sorte de réenchantement moral du monde, on irait presque jusqu’à prêter de la moralité à ses lois de fer : on parle d’ "éthique d’entreprise", on fait du travail salarié une valeur, on loue les vertus de l’homme d’entreprise, on fait de la mondialisation le salut des économies les plus faibles…
Il est opportun, pour sortir de cette confusion d’esprit, d’effectuer quelques clarifications conceptuelles. En rappelant, par exemple, qu’on ne saurait assimiler l’ordre de la moralité à celui de l’économique ou de la politique, car ni l’intérêt ni la loi ne sont le Bien. Ainsi André Comte-Sponville soutient, dans cette conférence adressée à des interlocuteurs du monde de l’entreprise, que le capitalisme n’est ni moral, ni immoral mais amoral : c’est un système de production qui a fait les preuves de son efficacité et que la politique doit encadrer et réguler afin de le conformer, autant que possible, aux exigences de l’éthique. Que chacun tienne sa place : que le chef d’entreprise ne prétende pas faire du social, qu’on n’attende pas de lui qu’il en fasse, qu’on cesse de tout attendre du politique… et chacun sera naturellement reconduit à l’évidence que les lieux d’exercice naturel de la morale sont la conscience et l’action individuelle. Il faut lire les philosophes pour s’en convaincre. André Comte-Sponville nous le rappelle ici à bon escient. --Emilio Balturi

Présentation de l'éditeur

Après une série d’interventions au cours d’une rencontre avec des patrons insistant sur la nécessaire "éthique d’entreprise" et les formes qu’elle devait prendre, André Comte-Sponville se permit de faire remarquer qu’il avait lu tous les philosophes importants mais qu’il n’avait jamais lu une ligne sur le respect du client chez Montaigne ou Kant ! Cette ironie traduit bien l’esprit du livre du philosophe : critiquer l’invasion de la morale –ou plus exactement du discours sur la morale ce qui est un peu différent- dans toute la société.
Alternant exemples, anecdotes, citations et analyses, André Comte-Sponville excelle à démontrer que le capitalisme est, par nature, amoral.L’entreprise, dit-il, n’a pas vocation à distribuer de l’affection de l’amour ou tout autre sentiment : elle n’a que "des objectifs et un bilan", point final. Ce pragmatisme surprend et intéresse dans un pays où le marxisme a longtemps été le credo de l’intelligentsia. Dénonçant le "politiquement correct" qui sévit trop souvent –il qualifie ainsi le slogan "vaincre le Sida c’est une question de volonté politique" "d’idiot"- l’auteur nous livre une vision iconoclaste du monde dans ce petit livre spirituel au ton vif, écrit avec un remarquable souci de vulgarisation qui met "l’infini à la portée des caniches" selon la finalité qu’assignait à sa discipline, la philosophie, l’un de ses illustres prédécesseurs.

Détails sur le produit

  • Broché: 240 pages
  • Editeur : Albin Michel (4 février 2004)
  • Collection : Hors collection
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2702895271
  • ISBN-13: 978-2702895276
  • ASIN: 2226142207
  • Moyenne des commentaires client : 4.1 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (14 commentaires client)
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Commentaires en ligne 

Commentaires client les plus utiles
8 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
Par Bibliophilette TOP 100 COMMENTATEURS TESTEURS
Format:Poche
La principale qualité de ce petit ouvrage très pédagogique est que l'exposé est particulièrement clair. Synthèse de multiples conférences animées par l'auteur, il a gardé volontairement le style de l'exposé oral et du jeu des questions-réponses ce qui rend l'ouvrage concis et particulièrement accessible. Raisonnements, arguments et contre-arguments sont maniés avec beaucoup de talent par André Comte-Sponville. C'est de l'excellente vulgarisation. Simple, convaincant, avec en plus une touche d'humour et de provocation qui facilité la lecture. Tellement limpide, qu'on en oublierait presque de prendre un peu de recul et de garder son esprit critique.
Certes, le capitalisme a fait ses preuves en matière de création de richesses comme aucun autre système jusqu'à présent. Certes, nous n'avons pas encore trouvé d'alternative à ce système économique ; ce qui soit dit en passant ne signifie pas pour autant que c'est le seul système possible, ce que semble parfois sous-entendre l'auteur. Certes, il est bon de ne pas confondre ce qui relève de la sphère économico-scientifique, de la sphère politico-juridique, de la sphère morale et de la sphère spirituelle/religieuse : les 4 ordres définis par l'auteur. Mais, il n'empêche que certains des arguments développés ne sont pas toujours très convaincants et qu'il manque tout de même dans cet exposé deux questions centrales : la question du sens et celle du bonheur. Abordé sous cet angle, le rapport du capitalisme et de la morale pourrait sans doute aboutir à une conclusion un peu différente. Reste que l'auteur énonce quelques idées qu'il est toujours bon de répéter en ces temps de confusion et d'approximations conceptuelles. Par exemple : "si nous voulons qu'il y ait de la morale dans une société capitaliste [...], cette morale ne peut venir, comme dans toute société, que d'ailleurs que de l'économie. Ne comptez pas sur le marché pour être moral à votre place !"
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25 internautes sur 28 ont trouvé ce commentaire utile 
Format:Broché
« Une grille de lecture ou d’analyse »(p134), André Comte-Sponville est là bien modeste.
Je dirais plutôt, un discours de la méthode, un moment incontournable de la philosophie appliquée, ou plus simplement, un moment de joie, de cette joie qui selon Spinoza, nous fait passer d’une perfection moindre à une plus grande perfection.

La méthode s’applique à toutes les questions d’actualité, les OGM, l’euthanasie, le foulard islamique… et nous laisse irrémédiablement face à nos responsabilités.

Entre 'l’arithmétique' (l’ordre techno-scientifique) qui n’est pas tout à fait un ordre, puisque insuffisant, et 'l’amour' (l’ordre de l’éthique) qui n’en est déjà plus un, puisque l’amour suffirait, il y a la place de 'ce qui doit se faire' (l’ordre juridico-politique), et de 'ce qui devrait se faire' (l’ordre de la morale).

Celles et ceux qui ont lu « Le traité du désespoir et de la béatitude » et/ou « Le petit traité des grandes vertus » retrouveront la rigueur et la pédagogie du professeur de philosophie.

Si seulement, l’ami Luc avait la bonne idée de réserver Sartre, l’indigeste, aux classes supérieures de philosophie, et de privilégier Comte-Sponville dans les lycées, nos futurs bacheliers ne seraient pas tant rebutés par la philo, ils en redemanderaient.

Merci André.

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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
Par Gerard Muller TOP 500 COMMENTATEURS TESTEURS
Format:Poche|Achat authentifié par Amazon
Le capitalisme est-il moral, André Comte-Sponville
C'est à une analyse lucide, sans complaisance ni langue de bois que se livre Sponville dans cet excellent opuscule qui décortique avec finesse les rouages de notre économie. En notre époque moderne difficile de mondialisation et globalisation, il est bon d'y voir clair pour faire face aux défis qui s'imposent à notre civilisation. L'auteur regroupe là tous les thèmes qu'il a abordés au cours de différentes conférences à travers la France.
La question posée par le titre peut paraître saugrenue, comme si la morale pouvait interférer avec la politique ou l'économie. En philosophe, l'auteur va exposer son point de vue sur ce qu'est la morale et ses limites dans le contexte étudié. Il faut bien voir que dans un certain nombre de domaines, la morale n'a pas à mettre son nez. Comment l'économie serait-elle morale, puisqu'elle est sans volonté ni conscience ? Un comportement rationnel et non- raisonnable- nécessaire en économie, n'est pas obligatoirement vertueux ! Sans être immoral, le capitalisme ne peut pas se targuer d'être moral ; il est amoral. Mais cette amoralité est-elle véritablement condamnable comme le voulait Marx ? Sponville , dans ce chapitre explique qu'il était inévitable que le communisme devînt totalitaire et échouât.
« Les hommes sont généralement égoïstes et mettent toujours leur intérêt particulier plus haut que l'intérêt général. Il était à peu près inévitable que le communisme devienne totalitaire puisqu'il fallut bien imposer par la contrainte ce que la morale s'avéra incapable d'obtenir. »Et de poursuivre : « Le coup de génie du capitalisme, sa logique propre, son essence actuelle et active, sa puissance intrinsèque, c'est de ne rien demander d'autre aux individus que d'être exactement ce qu'ils sont : « Soyez égoïstes, occupez-vous de votre intérêt et tout ira pour le mieux' » Le présent nous montre les limites de cette attitude.
J'ai bien aimé ce livre de 250 pages, très facile à lire, qui fourmille de réflexions pertinentes et conduit à se poser de nombreuses questions, ce qui est somme toute le but d'un opus de philosophie. Pourtant je n'y ai appris que peu de choses ; disons qu'il a mis de l'ordre dans mes idées et structuré ma pensée, donné des arguments pour étayer une conversation; la technique de distinction des ordres pour décortiquer le sujet est intéressant et permet une approche plus claire des vrais problèmes; grâce à cette grille, les mots prennent leur sens, comme le mot tyrannie par exemple.
. Sponville est parfois dur dans ses propos, cynique même, mais c'est pour faire éclater une vérité, une réalité, une évidence même si on y réfléchit bien; je pense à l'angélisme par exemple. Il ne faut pas perdre de vue que Sponville est athée et surtout matérialiste; point d'idéalisme dans sa démarche et sa vision du monde .Et lui d'insister, sur le fait que l'économie est extérieure à toute préoccupation morale; on le savait, mais lui martèle...D'où son appel à la responsabilité individuelle pour apporter de la morale et non pas compter sur le marché ou sur la politique. La responsabilité de l'individu est engagée au cas par cas, et cela nous sauve un peu; car comme disait St Exupéry:"Etre homme , c'est être responsable...."
Donc, cet ouvrage est très intéressant par la technique d'analyse qui pose des jalons , des structures qui permettent d'aborder la question; les ordres je veux dire. La question en fait est une fausse question puisque le capitalisme n'est ni moral ni immoral mais seulement tout à fait amoral, cqfd.
Finalement, la réponse à la question reste anecdotique, mais les références à Pascal, Marx et Spinoza qu'il est bon d'avoir lu dans le texte (!), sont très intéressantes et aussi culturelles, pourquoi pas.
Le récit reste fluide et aisé à comprendre à tout moment et les thèmes abordés permettent d'avoir un ½il critique sur ce que l'on veut nous faire croire dans les média. On comprend mieux le monde moderne, le monde actuel avec son libéralisme ; je vois ce texte comme un moyen de mieux comprendre notre société et de mieux la juger en bien ou en mal, plutôt qu'une réponse importante à la question initiale. C'est parfois un peu un vade mecum, un manuel de bonne conduite.
Citations remarquables :
« Nous avons besoin d'une morale qui ne se réduise pas à une politique, mais nous avons besoin aussi d'une politique qui ne se réduise pas à une morale.
« La morale n'est jamais pour le voisin.
« Mettre le chômage hors la loi, cela ne suffira pas à créer un seul emploi.
« Une entreprise, ça n'a pas de morale:ça n'a qu'une comptabilité et des clients.
« Une entreprise, ça n'a pas de devoirs: ça n'a que des intérêts et des contraintes.
« Une entreprise, ça n'a pas de sentiments, pas d'éthique, pas d'amour: ça n'a que des objectifs et un bilan.
« Dans une démocratie, les citoyens ont les hommes politiques qu'ils méritent.
« La gauche est à l'aise dans l'opposition, car il y a toujours des inégalités à combattre; elle est mal à l'aise au pouvoir où il faut bien essayer d'être efficace.
« Celui qui n'est pas communiste à 20 ans manque de coeur; celui qui l'est encore à 40 manque de tête.
Et pour finir :

« Il n'est pas nécessaire que le prince soit vertueux, il suffit qu'il passe pour l'être. »(Machiavel)
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Publié il y a 5 mois par elcondorpasa
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Quoi dire de plus sur un exposé clair, bien construit, facile à lire et accessible à tous.
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Incomplet
L'exposé d'A.Comte-Sponville est clair : définitions, raisonnement, arguments, comme il se doit pour un philosophe et bon pédagogue. Lire la suite
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COmte-Sponville affronte la mondialisation
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1/ l'ordre techno-scientifique

2/ l'ordre... Lire la suite
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