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Si Jed Martin, le personnage principal de ce roman, devait vous en raconter l’histoire, il commencerait peut-être par vous parler d’une panne de chauffe-eau, un certain 15 décembre. Ou de son père, architecte connu et engagé, avec qui il passa seul de nombreux réveillons de Noël.
Il évoquerait certainement Olga, une très jolie Russe rencontrée au début de sa carrière, lors d’une première exposition de son travail photographique à partir de cartes routières Michelin. C’était avant que le succès mondial n’arrive avec la série des « métiers », ces portraits de personnalités de tous milieux (dont l’écrivain Michel Houellebecq), saisis dans l’exercice de leur profession.
Il devrait dire aussi comment il aida le commissaire Jasselin à élucider une atroce affaire criminelle, dont la terrifiante mise en scène marqua durablement les équipes de police.
Sur la fin de sa vie il accédera à une certaine sérénité, et n’émettra plus que des murmures.
L’art, l’argent, l’amour, le rapport au père, la mort, le travail, la France devenue un paradis touristique sont quelques-uns des thèmes de ce roman, résolument classique et ouvertement moderne.
« Michel Houellebecq a publié plusieurs romans, Extension du domaine de la lutte, Les particules élémentaires, Plateforme et La possibilité d’une île. Il est aussi l’auteur de poèmes (Le sens du combat, La poursuite du bonheur, Renaissance), d’une étude sur Lovecraft, d’essais (Rester vivant, et Interventions 2) et d’un récit accompagné de photographies (Lanzarote). Il a écrit avec Bernard-Henri Lévy une correspondance, Ennemis publics. Son œuvre est traduite dans une quarantaine de langues. »
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Commentaires client les plus utiles
2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Bonne carte, bon menu, trois étoiles michelin.,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : La carte et le territoire - PRIX GONCOURT 2010 (Broché)
Comme la phénolphtaleine pour les milieux basiques, Michel Houellebecq est un indicateur révélateur du lectorat français: il fait virer les grincheux à l'acide et provoque des réactions en chaine lorsqu'il obtient le Goncourt. A lire les divers commentaires sur son dernier roman, surtout les plus sévères, on se rend compte que beaucoup n'ont pas fini de lire La carte et le territoire. Qu'attend-on d'un Goncourt, un livre de recettes de cuisine, un scénario de blockbuster? Reprocher à Houellebecq son originalité et son style est un non-sens.J'avais beaucoup aimé "Extension du domaine de la lutte" et un tout petit peu moins "Les particules élémentaires" et c'est sans à priori que j'ai commencé celui-ci. Houellebecq ne fait pas dans le consensus, mais comme j'adore les cartes en général et celles de Michelin en particulier, je me suis tout de suite senti en territoire ami (les cartes IGN, surtout celles de montagnes et leurs sinuosités absconses sont aussi un must, mais d'un abord plus délicat). Par contre je suis totalement refractaire au GPS qui est une arme de décérébration massive. Peut-être le prénom du héros m'a un peu décontenancé au début (Jed, c'est bizarre non? Enfin pourquoi pas et puis c'est un anti-héros après tout!). Le portrait du père est très beau, architecte raté, très belles descriptions des désillusions de la vie et savoureuses digressions sur Le Corbusier. Olga, la jeune russe, est totalement craquante, mais là tout dépend de l'imagination et du vécu de chacun. Comme les plus belles histoires d'amour elle s'arrête brutalement, comme dans la vraie vie, sans explications. C'est beau, mais c'est triste... J'ai pas vraiment eu l'impression que Houellebecq avait une dent contre le milieu de l'art, j'y ai même plutôt vu un certain éloge de la peinture et le tableau de Houellebecq par Jed Martin m'est pratiquement apparu: un mélange de Holbein et de Bacon, le regard halluciné de l'écrivain, magnifique. J'ai trouvé assez gonflé que l'auteur se mette en scène, auto-critique, narcissisme, bof on s'en fout c'est rigolo! Begbeider est attendrissant et le portrait clinique de Lepers est un régal. La fin est assez gore mais le portrait du flic est très juste (beau paragraphe sur les animaux de compagnie). Les descriptions techniques d'objet (Audi, Bugatti Veyron, chauffe-eau, aèrent délicatement le récit comme de fines bulles de Champagne (quoique dans ce cas, c'est du gaz carbonique.) Pour l'avoir vu et entendu dans quelques émissions (nocives?) j'aime beaucoup le personnage qu'est Houellebecq. Mais je comprends totalement que certains soient définitivement réfractaires à cet hurluberlu. Je ne recommanderais ce roman à personne, à moins que vous ayez bon goût? Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
112 internautes sur 137 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Le réel et sa représentation,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : La carte et le territoire - PRIX GONCOURT 2010 (Broché)
Il y a plusieurs bonnes raisons d'aimer le nouveau Où-est-le-bec : tout d'abord, depuis "Extension", c'est sa première rentrée en douceur, sans polémique (pas vraiment de sexe, pas d'attentats, pas d'idéologie particulière, un livre "soft" en somme et néanmoins profond), sans scandale, sans fanfares ni trompettes, et même dans une surprenante sérénité ; preuve, si besoin en est, qu'on a là un vrai livre plutôt qu'un coup médiatique bien préparé.Ensuite, la maturité littéraire saute aux yeux dès les premières pages. Le style n'a jamais été aussi précis, clinique même, tranquille, sans fioritures, juste parfaitement houellebecquien en fait. L'obsession de la description est cette fois poussée jusqu'à un point quasi comique (si il y a un disque dur portatif, on aura son poids, sa taille, sa marque, le nombre de plateaux...) quitte à recopier des pages entières de Wikipédia, mais bon, depuis Lautréamont, ce procédé ne nous parait plus aussi étrange. L'écrivain aimant l'alternance roman d'anticipation/roman social, c'est dans la deuxième catégorie que se situe cette nouvelle mouture, et c'est tant mieux car c'est là qu'il est le meilleur à mon avis, la surcouche idéologique de sa science-fiction n'étant pas vraiment à mon goût. Cette fois, il s'agit de raconter, comme il le fait souvent, la biographie d'un artiste, Jed Martin, sa traversée de la vie, ses quelques joies, ses nombreuses désillusions, et surtout son œuvre, dont la thématique est le conflit entre le réel et sa représentation, le livre prônant la supériorité de la seconde sur le premier, notamment grâce... aux cartes Michelin. D'autres thèmes assez disparates sont abordés dans ce foisonnement aussi dense qu'une belle végétation : la vie et la mort certes, mais aussi l'architecture, l'art pictural, la France, la célébrité accidentelle, le déclin du capitalisme, l'évanescence des entreprises humaines, le rapport au père, l'euthanasie, le meurtre, les enquêtes policières (et il y en a une, certes minimaliste, mais intéressante)... L'histoire est aussi l'occasion d'introduire une idée géniale : mettre en scène Michel Houellebecq lui-même, dont l'autoportrait est un des moments les plus jouissifs de toute son œuvre, entre lucidité et sadomasochisme, mégalomanie consciente et assumée, autodestruction voulue et revendiquée. Et puis, bien sûr, les habituels croquages de célébrités (Beigbeder en artiste raté mais aimé des siens, Patrick Le Lay en Père Ubu aviné et grossier, Jean-Pierre Pernaut en visionnaire !), qui valent le détour. C'est, enfin, probablement son livre le plus drôle. Un humour stoïque, décapant, totalement maîtrisé. Éclats de rire à prévoir durant la lecture. Peut-être "La carte et le territoire" est-il amené à devenir, comme "Les mots" pour Sartre, le livre préféré de ceux qui n'aiment pas Houellebecq... Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
18 internautes sur 22 ont trouvé ce commentaire utile :
1.0 étoiles sur 5
Déplorable,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : La carte et le territoire - PRIX GONCOURT 2010 (Broché)
Décidemment, certains prix littéraires resteront à mes yeux profondément mystérieux. Si vous aimez l'abondance des descriptions techniques (d'une voiture, d'un radiateur...), les histoires décousues, les intrigues plates et peu cohérentes, alors ce roman est fait pour vous. Il ne faut pas non plus être rebuté par les références systématiques de l'auteur à... lui-même. Faut-il en déduire quele Goncourt récompense l'égotisme? Où sont passées les valeurs du Goncourt décerné à "Rouge Brésil" de J-C Rufin en 2001? Le nom de Houellebecq apparaît tellement souvent qu'il est devient difficile de ne pas croire à une vaste blague. D'autres "people" ont également l'honneur d'être cités régulièrement (Beigbeder, Jean-Pierre Pernaut, Julien Lepers...). C'est ennuyeux, ridicule et nombriliste. Je l'ai terminé à bout de forces. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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