Ce petit roman-nouvelle épistolaire, du format des "liaisons dangereuses" en a toute la sournoiserie et l'intelligence. Sous le prétexte de recupérer son chat qui était sa seule "dot", une couturière répudiée par son mari paresseux lui écrit. Elle raconte son triste abandon pour un second mariage avec une femme riche, l'ex mari paresseux et oisif poussé par sa mère dans les bras d'une autre. Homme-femme, japon traditionnel-japon moderne, individu isolé face à un groupe : le tout Tanizaki est spendidement résumé ici sans doctrine ni platidude ou généralité assomante. Vive le chat et la première des deux maîtresses. La paresse est la mère de tous les vices, la mère du paresseux est une peau de vache.