Barbey d'Aurevilly nous régale il est vrai des parfums de nostalgie de sa Normandie natale. Le fond de l'histoire est celle de l'expédition de douze (référence aux 12 apôtres, mais aussi aux 12 dieux de l'Olympe) chouans partie pour délivrer le chevalier des Touches.
Nul romantisme, nulle apologie bêtifiante de la chouannerie; tout au contraire. Le Chevalier des Touches est cruel dans sa vengeance. Egalement, lors de la première expédition des Douze, à Avranches, on apprend que la Hocson, la gardienne de prison, a perdu son fils dans d'atroces conditions, «non pas tué au combat, mais après le combat, comme on tue souvent dans les guerres civiles, en ajoutant à la mort des recherches de cruauté qui sont des vengeances ou des représailles». L'histoire nous enseigne la subtilité.
Barbey d'Aurevilly défend ainsi, sans l'idéaliser, l'honneur de la chouannerie avec l'élégance de l'honnête homme.
J'ai cependant préféré, de loin, "Les Chouans" de Balzac, ouvrage qui répondra mieux au désir d'aventure des jeunes lecteurs. Sur le plan de l'Histoire, je recommande chaudement l'excellent ouvrage de Reynald Secher "La Vendée-Vengé : Le génocide franco-français".