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5.0 étoiles sur 5
Que des bonnes choses, 28 janvier 2010
A l'époque, le mode de vie bourgeois se démocratise, et devient pour les jeunes un horizon, un Graal célébré par le consumérisme. Mais c'est aussi une épée de damoclès qui vous fait vivre comme un damné votre plus belle jeunesse, et dépenser toutes vos forces à fuir le conformisme, pour arriver où? Je vous le donne en mille... Au début du livre, Pérec décrit l'intérieur bourgeois fantasmé, s'attardant minutieusement sur chaque objet, d'un ton inéluctable.
Autant dire qu'on se sent concernés, en plus d'être absorbés par la lecture de ce livre en tous points génial.
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6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
la société de consommation, 26 octobre 2006
tout commence par un conditionnel qui se prolonge, de pages en pages : une description. une description au conditionnel ?! un appartemment qu'aujourd'hui on qualifierait de bourgeois ou de bobo (c'est selon, si l'on voit une différence aujourd'hui). et puis on repasse à un récit ou passé, "normal". ce que Perec fait, c'est une longue description d'un jeune couple qui entre dans la vie (un roman d'initiation ?), dans les années 60, années prospères. leur désir : consommer. leur action : ... et bien justement, leur action, c'est de rêver, c'est d'envier, de désirer. ils ne font pas grand chose pour se donner les moyens de leurs rêves. d'où le conditionnel (celui des enfants : "toi tu serais la maman et moi le papa").
du coup, leurs actions, c'est d'acheter, de dépenser, d'acquérir des choses chouettes (pour eux), mais au rabais : des vêtements aux puces (juste pour avoir telle marque qu'ils ne peuvent pas acquérir autrement).mais cet achat pulsion ne les satisfait pas vraiment, ils en veulent toujours plus.
et puis c'est la guerre d'algérie : le retour à la réalité. brutale.
un bon roman, original, moderne, toujours d'actualité (ce jeune couple ressemble étrangement à ce qu'on appelle aujourd'hui les "bobos"...)
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20 internautes sur 24 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
chosification, 21 mars 2004
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les choses : Une histoire des années soixante (Poche)
Tout d'abord, ça n'est pas une histoire. C'est plutôt un enlisement. On pourrait rapprocher ce texte de la chronique, au pire. Une chronique des années 60, de la société de consommation, un témoignage, sans doute, mais surtout, une étude sociologique (et peut-être sémiologique). Les choses, c'est d'abord les objets, ceux qui entourent le couple de Jérome et Sylvie. Ensuite, c'est une vague préoccupations de la vie, les choses ne sont pas facile ! Enfin, les choses laissent voir le vide qu'il y a autour d'elles. Les choses c'est une tentative manquée de la vie : ce couple aspire à la richesse (sans pour autant vouloir s'embourgeoiser), il aspire aux grands voyages et à la réussite sociale. Mais, qui a le pouvoir dans cette société de consommateurs. Le consommé, qui est-il vraiment ? L'idée de consommateur n'est pas un concept, alors pourquoi ce couple n'arrive pas à vivre comme il le désire... Ils ont leur idée du bonheur, et ici commence la fin de toutes choses. Les choses est un "roman" où l'histoire immobile, ou presque, s'est chosifiée, seul reste un décor pleins d'objets, c'est le personnage principal de l'histoire. Ce qui évolue en réalité dans les choses ce n'est pas l'histoire, ni les personnages, c'est ce personnage omniprésent qui à défaut de pouvoir parler s'impose de lui-même, sous la plume ironique de l'auteur.
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