Johnny nous a déjà fait le coup... Parti se cacher à Nashville quelque temps, il avait trouvé, dans les années 70-80 une retraite à sa taille qui lui avait permis d'enregistrer quelques perles avec des musiciens du cru. Seulement voilà, il avait la foi, et le blues en lui à l'époque, et chanter le Blues n'est jamais facile, c'est une musique de l'âme, de la tristesse, droit issue des champs de cotons ; difficile à intérioriser pour un fugitif fiscal suisse... Car notre Jojo national est avant tout un chanteur (un immense, certes) de variétés, et non pas un bluesman de talent. Or, il se frotte ici à un répertoire par trop ambitieux pour ses moyens. J'ai eu le privilège d'écouter en avant première ce nouvel album, et e résultat risque de décevoir : à la fois ses fans qui ne retrouveront pas les codes habituels de sa musique, et surtout les fans de blues qui ne verront là qu'une tentative commerciale de récupération ratée... Donc : une succession de chansons "bluesisantes", plus caricaturales les unes que les autres, et pour couronner le tout, une chanson composée par Bono de U2, qui n'a rien à faire sur un album prétendu Blues, puisqu'il s'agit d'une chanson de variété, chantée de plus en anglais par Johnny (accent catastrophique!!!!) qui doit bien faire marrer Bono s'il l'a écoutée... Bref : un plantage complet, sur toute la ligne, mais qui fera sûrement un carton au vu du markéting que sa nouvelle maison de disques a déroulé, mais qui fera certainement des déçus... Deux étoiles tout de même pour les quelque filets de voix qui restent à Johnny, même si on a parfois l'impression qu'il n'y croit pas lui même...