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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5
Trop moignon pour être honnête, 4 mai 2009
La confrérie des mutilés, comme son nom le laisse entendre regroupe des amputés. Mutilés volontaires, ces membres ont des rites sanglants assez tranquilles puisque basés sur le volontariat. Introduit accidentellement dans cette confrérie, Kline, détective privé se trouve mêlé à des rivalités dues à une scission entre membres dissidents. Et l'on va, si l'on parvient à suivre le fil d'une intrigue pas toujours aussi affûté que les divers outils d'amputation, assister après divers recoupements douloureux à une lutte entre membres plus ou moins sanguinaires ou, selon les cas, sanguinolents. Une petite touche de religion (en liaison avec l'apôtre Paul) confirme le caractère états-unien de ce récit. La narration distanciée autant que l'outrance apparente en réduisent fortement l'intérêt. Que l'on soit friand d'horreur bien distillée ou de récit avec véritable suspense et construction littéraire, on reste sur sa faim, malgré toute la viande exposée.
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1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5
L'ambition au prix du moignon, 4 juillet 2009
Il est des jeux d'homophonie qui provoquent des rapprochements douteux. Des rimes malveillantes illustrent l'univers littéraire borderline développé par Brian Evenson dans La confrérie des mutilés: Admiration - Auto-amputation, Ambition - Autocautérisation, Savoir - Hachoir,...
Le présent récit, souillé d'humour noir tantôt scabreux, tantôt hilarant, n'est pas dénué d'originalité. L'histoire se développe aux confins de l'irrationnel et de l'absurde et recrute pour l'occasion un détective privé, Kline, amputé d'une main (grade 1...) et sommé de rejoindre les rangs d'une confrérie particulière, secte chrétienne, pour y mener une enquête. Esprit grégaire sans grande considération pour la valse des moignons, Kline se trouve assez vite confronté aux délires sordides de sectateurs décérébrés qui prônent le dynamisme minimaliste. L'essentiel est de s'activer sans fioritures: oreille, orteils, mains, bras, jambes,...sont superflus car contraires à la discipline ascétique, leur amputation excise la vitalité organique du corps: plus ce dernier se disloque et plus le lien avec Dieu, et la vérité, se resserre. « Le moins pour le plus », précepte de la confrérie, guide alors les destinées de chaque membre.
La confrérie des mutilés est incontestablement un récit singulier, kafkaïen, burlesque, dévitalisé qui se parcourt agréablement malgré le flot d'hémoglobine qui l'inonde. L'histoire, soutenue par un style incisif et des dialogues habilement menés, souffre toutefois d'un défaut majeur: un manque d'envergure. Cela se traduit par un traitement superficiel des personnages, du rapport à la foi et du genre littéraire choisi. Ne répondant pas réellement aux codes du polar, thriller, roman noir ou roman d'horreur, l'ouvrage pâtit d'une orientation pleutre vers un genre affirmé. Ce manque d'ambition confère au récit une famélique consistance. Si le souhait de l'auteur est de suggérer le sourire ou le rire face à l'horreur, l'entreprise est réussie. S'il s'agit de suspecter ou de condamner toute foi en une prophétie religieuse (même dévoyée), l'essai ne me semble pas concluant tant le développement est léger.
Cet ouvrage achevé, je ne peux que regretter le manque d'ambition narrative de Brian Evenson alors que son imagination aurait pu lui permettre de composer une ode à la barbarie percutante au service d'une intrigue bien ficelée.
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