En 10 chapitres très synthétiques (L'histoire comme connaissance; l'histoire inséparable de l'historien; l'histoire se fait avec des documents; conditions et moyens de la compréhension, du document au passé; l'usage du concept; l'explication et ses limites; l'existentiel en histoire; la vérité de l'histoire; l'utilité de l'histoire), l'auteur élabore une remarquable théorie de la connaissance historique qui en montre les contraintes, la rigueur et la méthode.
Sans aller soutenir que l'histoire est une science, l'ouvrage montre qu'elle est très loin de la pure fantaisie mais répond au contraire à des canons strictement définis.
L'écriture est très accessible, aucun jargon, aucune emphase: le tout est net et sans bavures à tel point qu'on s'étonne que cette référence soit si peu connue, même dans les milieux universitaires.
A lire et à opposer à Paul VEYNE (
Comment on écrit l'histoire) qui me semble perdre le duel face à MARROU en soutenant que l'histoire n'a rien d'une science et ne peut prétendre à l'objectivité. A ceci on pourrait invoquer MARROU pour répondre que si l'objectivité absolue n'est pas atteinte, la subjectivité consciente d'elle-même est déjà une objectivité rigoureusement constituée.
Vous l'aurez compris, même si vous n'êtes pas historien, une telle lecture est plus qu'enrichissante.